‹ La comédie de notre tempsChapitre 57 sur 121 · LES JOURNAUX · texte numérisé non relu

LES JOURNAUX

intérêt du moment. Instrument de défense ou d’attaque dont ceux qui veulent le pouvoir sont forcés de se servir pour arriver ou pour se maintenir.

Le nom des Berlin et des Girardin , des Villemessant et des Dalloz pour les grands journaux, de même que celui de Philipon pour la presse légère et caricaturale, resteront comme représentant les types remarquables et caractéristiques qui appartiennent à cette comédie de notre temps qui parfois confine à la tragédie.

JUIFS ET ISRAÉLITES

Qui ne connaît l’ingénieuse fiction de Balzac ititulée les Treize ? Un faisceau formé de treize îlelligences vigoureusement trempées pour le ien et pour le mal , suivant les circonstances , ù chacun met au service de tous ce que la nature lui a départi de courage, d’astuce, de savoir et de rouerie, pour concourir à l’œuvre rêvée, qui est l’élévation, la richesse et le succès de tous.

Il est, de par le monde, une race habile, persévérante et bien douée. Celte race a réalisé depuis longtemps la fantasmagorie qui hantait le cerveau du grand écrivain moraliste.

Ces hommes sont les Juifs.

Poussés par une fatalité unique dans l’ histoire , ils ont un jour quitté Jérusalem qui était leur berceau et où leur race n’existe pas plus maintenant qu’ ailleurs, et se sont répandus partout.

Dans tous les pays, quels qu’ils soient, ces hommes vivent et prospèrent, se tendant la main par-dessus les barrières que se sont imposées les peuples.

JUIFS ET ISRAÉLITES

Un génie particulier les soutient et les affirme. La solidarité les condense et les fait forts, la tradition respectée les unit.

Les honneurs ne sont point jusqu’alors ce qui les tente; c’est l’or, la richesse et la prospérité commerciales. Il semble que dans ces hommes au faciès uniforme, grâce au soin qu’ils prennent à ne pas mélanger leur race, il existe des organes particuliers qui devinent les gisements d’or et d’argent, comme la baguette de cet abbé qui, de son propre mouvement, indiquait les sources.

En France, notamment, ils se sont posés hardiment partout où les filons de richesse et de prospérité paraissent accuser leur présence.

Au moyen âge, ils savaient déjà entasser cet or si envié de tous, dans leurs coffres à triple serrure.

Et si parfois on leur en arrachait quelques bribes à l’aide de tortures , il en restait toujours assez pour servir d’attraction à celui qui flottait encore entre les doigts inhabiles à le retenir.

Depuis, la même faculté n’a fait que s’accentuer davantage. Ils dominent partout en France et dans toutes les industries où il est besoin de méthode, de sagacité et de courageux entêtement.

A notre époque où l’argent et le capital dominent, c’est dans leurs rangs que l’on peut véritablement saluer les princes et les rois de notre temps.

Alors que les dynasties se succèdent fiévreusement et se renversent, il n’y a de véritablement stable, en fait de trône, que celui dont leurs écus et leurs rouleaux d’or sont la base; et une seule famille tient l’Europe entière, rendue besoigneuse par la folie malsaine de tuer, sous le réseau inextricable de son milliard.

Il y a deux classes parmi ces gens, égaux pourtant entre eux par la naissance, puisque la suite non interrompue de leur fdiation les fait remonter jusqu’aux fils de Jacob.

Quelle noblesse pourrait, en Europe, présenter une tradition plus incontestable et plus authentique !

Il y a donc néanmoins deux classes.

Les ramasseurs de bouts de cigare, les marchands de loi'gnettes et de chaînes de sûreté, les revendeurs et les marchands de bric-à-brac , les possesseurs de métiers interlopes, humbles, courbant l’échine, quémandeurs doucereux, importuns comme les mouches, et sachant comme elles se relever souples et forts lorsqu’on a cru les aplatir : ceux-là sont des Juifs.

A partir du moment où le métier commence à devenir fructueux, où l’escarcelle, plate d’abord comme une feuille de papier, se gonfle et grossit distendue par les gros sous qui se transforment en louis, ducats ou guinées; lorsque le prêteur sur gages devient banquier, le commis patron, l’étalagiste libraire, le courtier agent de change, alors le Juif disparaît et fait place à l’Israélite.

Habiles à flairer tous les débouchés par lesquels le fluide Pactole peut arriver à se faire jour, nouveaux Protées, ils se transforment résolûment et s’agrandissent suivant les circonstances.

Ils ne sont pas créateurs, mais ils ont le génie de l’imitation, de l’appropriation, de l’opportunité, du savoir-faire, et de l’ordre, sans lequel toutes ces qualités seraient stériles.

Ils savent ce qu’il faut être au moment précis où il est profitable de le devenir.

Alors que M. Thiers niait les chemins de fer, les Pereire en devinaient et pressentaient l’action, et dotaient la France de l’échantillon de Saint-Germain où commençait le mouvement bientôt devenu indiscutable ; les Rothschild faisaient le chemin de fer du Nord , et les autres suivaient.

Un beau jour, la musique, jetée chez eux dans l’oubli depuis que le roi David chantait et dansait devant l’arche, parce qu’elle ne donnait ni profit ni honneur et ne se logeait que dans le gosier ou le cerveau d’hommes sans chaussures nommés trouvères , vint à donner honneurs , gloire et argent. Ils furent des premiers à s’en apercevoir. Aussitôt plusieurs d’entre eux furent

JUIFS ET ISRAÉLITES

délégués et préposés à faire de la musique pour profiter du fdon entr’ouvert, et ils firent avancer au premier rang Meyerbeer, Halévy, qui s’emparèrent du genre sérieux; Offenbach, qui planta son drapeau un matin sur le genre gai.

Le vaudeville s’éteignait dans ses flonflons surannés. Les chemins de fer, créés par eux, devaient amener à Paris et aux théâtres des foules inconnues jusqu’alors. Les théâtres comme les opéras devaient forcément devenir des sources importantes et ruisselantes d’écus : le synode se réunit, et assigna leur rôle et leur mission à des gens choisis, qu’il se hâta de préposer au vaudeville de notre temps et à la rayonnante fantaisie de l’opérette.

Hector Crémieux , Ludovic Halévy, Busnach , Albert Millaud et consorts , s’emparèrent en dominateurs de ce gouvernement aux riches revenus.

Tous ceux-là sont Israélites, ils ont cessé d’être Juifs.

Le journal devenait de plus en plus une nécessité: ils semèrent partout des plantons et des sentinelles, qui devinrent bientôt d’éclatants officiers. Le barreau, lui aussi, est une puissance; ils ont de remarquables représentants au barreau. Ils en ont partout, dans l’administration, dans les ministères, dans l’armée, où ils savent combattre et mourir avec éclat.

11 y a quelques années encore, ils n’avaient pas de représentants dans la peinture, ils s’en souciaient peu tant que les peintres gagnaient de misérables sommes et tiraient imperturbablement par la queue ce diable qui jadis avait porté Jésus au sommet de la montagne.

Mais lorsqu’ils virent le décor changer, et que les dollars, les guinées et les roubles vinrent en foule faire connaissance avec les mains qui jusqu’alors n’avaient manié que le crayon ou le pinceau, ils se réunirent et se dirent : Et nous aussi nous sommes peintres! Et ils lancèrent quelques-uns des leurs dans la carrière semée de bleu d’outremer, de cobalt, de vermillon et de blanc d’argent.

Il y a maintenant des descendants incontestables de la tribu de Lévi qui

sont en train de devenir des maîtres. Fichel fait du simili-Meissonier, Abraham sacrifie avec talent sur l’autel de Delacroix, Ulmann et Worms prennent une place en avant , Hirch débute avec des qualités qui lui amèneront infailliblement le succès , et il se forme actuellement dans le silence ou le bruit des ateliers une foule de petits peintres à nez recourbé qui, plus tard, occuperont sans aucun doute richement la place avec leur peinture.

La peinture est devenue une affaire.

Quant à la sculpture, dont l’exploitation exige trop de dépense et de mise de fonds, sans compensation suffisante, ils restent jusqu’ici dans une prudente expectative, et ne se sont pas encore empressés de saisir l’ébauchoir.

A la Bourse, ils sont les maîtres : agents, coulissiers, spéculateurs, ils font et défont les fortunes, la leur quelquefois, sans doute pour donner le change à ceux qui ne sont pas de leur race.

On disait jadis d’une secte célèbre : Ils ont une épée dont la poignée est à Rome et la pointe partout. Leur pointe à eux est partout, mais on ne sait où est la poignée. C’est ce qui fait une partie de leur puissance, car on ne peut songer à la prendre.

Ils n’ont pas jusqu’alors songé à être rois; ils avaient mieux dans ce temps où la comédie de l’argent se joue sur tous les théâtres. Quand ils veulent aider à défaire les empereurs ou les rois, ils savent où trouver le défaut de la cuirasse.

Si par impossible les républiques un jour s’installent définitivement en Europe, et que le jeu des institutions et des présidences devienne alors un jeu sûr et productif, vous les verrez s’entendre pour être à tour de rôle présidents de toutes ces républiques.

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Pourquoi? et qui leur donne cette force ? C’est qu’ils ont le respect et la tradition du passé; c’est qu’ils ont le culte de la famille et celui de leur secrète loi; c’est qu’ils se tiennent ensemble par un lien franc-maçonnique; c’est qu’ enfin ils ont conservé sagement chez eux ce que partout on s’applique à détruire.

Ils ne sont pas les Treize de Balzac ; ils sont les Treize élevés à la plus haute puissance. Et si on leur demande : Qui êtes-vous? ils répondent : Nous sommes légion.

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