‹ La comédie de notre tempsChapitre 59 sur 121 · LE GRAND SALON · texte numérisé non relu

LE GRAND SALON

M. Berrichon. — Cher monsieur, permettez que je vous présente de nouveau à madame Perrichon, à ma fille Henriette, mariée, comme vous savez, à M. Armand Desroclies, un banquier, et à ma plus jeune fille Irma, qui n’est pas mariée du tout, et pour qui, entre nous, je mijote quelque chose. Ces dames sont assises là, sur le pouf, au milieu du grand salon; elles seront enchantées de vous revoir.

M. Hix, — Et moi ravi, cher Monsieur Perrichon. (Saints réciproques ;)

COSTUMES ET VISAGES

— Quand je vous dis que c’est une robe de chez Worth, je reconnais Ja touche.

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AU SALON DE PEINTURE

M. Perrichon. — Allons, bon; voilà ce pointu de Bassecourt qui s’est installé près de ces dames. Vous savez, M. Bassecourt des Faux Bonshommes ?

M. H ix. — Parfaitement.

M. Perrichon. — Il ne nous lâchera pas, il faut en prendre son parti, c’est un crampon. Nous en avons pour toute la journée. Il est agaçant, mais, à tout prendre, c’est un homme à ménager. Vous ne le connaissez pas? non; eh bien, je vais vous présenter l’un à l’autre.

Monsieur Bassecourt, permettez-moi de vous présenter mon ami M. X... ; cher Monsieur X..., permettez-moi de vous présenter M. Bassecourt, si célèbre par la pièce les Faux Bonshommes , de M. Barrière. (Ces messieurs s’inclinent .)

M. Bassecourt. — Très-jolie pièce, en effet, cette pièce de M. Barrière. Seulement elle est de M. Capendu.

M. Perrichon. — Allons, bon! voilà que ça commence. Ainsi vous allez insinuer que M. Barrière, le fin et spirituel auteur du Piano de Berthe...

M. Bassecourt. — En effet, ce Piano de Berthe est un bijou. Seulement... ce bijou est de Jules Lorin. Je le connaissais parfaitement, et...

M. Perrichon. — Voyons, mon pauvre Bassecourt, en voilà assez, nous n’en finirions pas. Toujours le même, n’est-ce pas? Vous êtes un homme impossible. Mais nous sommes venus pour la peinture; allons, Mesdames et Messieurs, en route.

M. Perrichon. — Nous sommes au grand salon, restons-y. Le grand salon, ça vous a toujours quelque chose d’officiel, quoi qu’on fasse. On aurait passé dix ans à Tombouctou, sans lire un journal, on tomberait du coup à Paris, au grand salon, sans crier gare, on saurait tout de suite où on en est du côté de la politique. On n’a qu’à regarder les portraits bien en place.

Ainsi, voilà M. le maréchal de Mac Mahon qui fait les honneurs du salon.

Il y a deux ans et l’an dernier, c’était le petit père Thiers.

Les années qui ont précédé, il y avait des empereurs en veux-tu, en voilà. J’ai vu là le général Cavaignac, M. Guizot, Louis-Philippe, etc. Nous en verrons bien d’autres !

M. Bassecourt. — Il y a bien encore un petit Thiers cette année, mais il est là-bas, là-bas, tout au fond à gauche ; cela lui apprendra.

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