‹ La comédie de notre tempsChapitre 86 sur 121 · LES PIEDS SALES · texte numérisé non relu

LES PIEDS SALES

Un de nos amis, un peintre de talent, grièvement blessé pendant la guerre, nous a raconté la touchante impression de voyage que voici :

C’était vers la fin du mois d’octobre 1870, à Saint-Germain, au couvent de la Mativité.

Nous étions cinq dans une grande pièce préparée comme par les mains d’une mère, pour recevoir les blessés.

J’étais étendu, faible du sang que j’avais perdu, de la longue insomnie de deux jours que j’avais subie, et de la fatigue du transport. Je ne dormais ni ne veillais , mais j’avais une perception vague de ce qui se passait autour de moi.

Le soleil brillait à travers les rideaux blancs suspendus aux hautes fenêtres, à travers lesquelles un rayon lumineux venait m’apporter comme un soulagement et un espoir.

La porte s’ouvrit, et je vis entrer péniblement un chasseur de Vincennes;

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