‹ La comédie de notre temps ... études au crayon et à la plumeChapitre 101 sur 200 · DESPERATE EPS RE SE · texte numérisé non relu

DESPERATE EPS RE SE

Dans le cas où ils réussiraient à la faire tomber en désuétude, la famille serait-elle remplacée par des sortes de haras où on se livrerait à l’élève et à l'amélioration de la race humaine, comme on se livre actuellement à l’élève et à l'amélioration de la race chevaline ?

Fabriquerait-on des troupeaux d'hommes uniformes comme des troupeaux de moutons, des troupeaux de bœufs ou de chèvres ?

Où serait l'avantage? Y en aurait-il même quelqu'un pour les conducteurs ou les bergers ?

La discussion de ces projets nous entraînerait trop loin. Contentons-nous de constater que, malgré les inventions des honorables idéologues auxquels ils sont empruntés, la famille persiste, et que la force de l'habitude nous semble devoir la maintenir encore un certain nombre d’années.

La famille se compose donc, ainsi que nous venons de le décrire, de la série de tous ces parents, auxquels on doit, en général, son obéissance, ou sa déférence, ou ses attentions, ou sa protection, ou son aide, suivant le degré qu'ils occupent vis-à-vis de vous.

Dans toute famille respectable ou qui se respecte, il est de principe que chaque membre doit se déclarer solidaire, défendre et protéger le nom ou l'honneur de la famille, comme le citoyen ou le soldat se déclarent solidaires de la patrie, et protégent et défendent l'honneur du drapeau.

IL est vrai que dans la pratique on remarque certaines défaillances, mais cela ne conclut en aucune façon contre la règle générale.

Il y a notamment cette diable de question d’intérêt qui intervient toujours, et se glisse en traître à travers les principes les mieux établis,

Tel se coupera parfaitement la gorge avec un étranger insolent envers le drapeau français, qui refusera péremptoirement à son frère une somme d’argent ou une aide quelconque dont il a grand besoin.

Aussi l'observateur n’aura-t-il pas de peine à se rendre compte de ceci :

Dans la pratique usuelle, sauf de nombreuses exceptions, bien entendu, les parents sont partagés en deux grandes catégories :

Les parents riches et les parents pauvres.

Les parents riches sont ceux qui n’ont pas besoin de vous, et dont on a besoin ; ceux-là sont entourés de soins, de prévenances et d’attentions ; ils

sont choyés, caressés, dorlotés.

Les parents pauvres sont ceux qui ont besoin de vous et des autres, et dont

on n’a nul besoin.

Ceux-là, on les écarte avec précaution, on les dissimule avec inquiétude, on les éloigne avec soin.

La vie d’un oncle ou d’une tante réputés riches et qui savent bien aménager leurs nièces ou leurs neveux, en créant chez eux une profitable émulation, est une vraie vie de cocagne, une kyrielle de satisfactions, de surprises, d’étonnements et de douceurs.

Ils ont l'agrément des enfants sans en avoir les charges et les aigreurs; il leur est permis d’être grincheux, revêches, d’être goutteux ou rhumatisants, tout est admis avec reconnaissance et supporté avec enthousiasme.

Surtout, ne pas faire de donation de son vivant et laisser toujours dans le vague des dispositions testamentaires, d’ailleurs toujours révocables jusqu’au dernier moment.

La posilion d’un cousin ou d’une cousine riche sans enfants, et qui sait s’y prendre, présente beaucoup de rapports avec celle d’un oncle ou d’une tante, bien que cependant les petites privautés d'intérieur cessent d’avoir un caractère aussi satisfaisant et aussi intime.

Il est vrai que certains oncles ou tantes, cousins ou cousines, n'étant pas dupes de ces attentions délicates ou les trouvant insuffisantes, se réservent la suprême satisfaction de laisser ce qu’ils ont ou à un couvent, ou à leur cuisinière , ou à leur domestique.

Cesont là de petites décepliôns sur lésquélles'iln’est pas imprudent d'arrêter parfois son idée.

Par contre, l'existence d’un oncle ou d'une tante sans sou ni maille, n'est agrémentée, le plus souvent, de satisfaction d'aucun genre. S'ils sont admis dans la maison, c’est uniquement pour les petits services

qu’ils sont appelés à rendre.

ET VISAGES

COSTUMES

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par exemple, Ma petite est pour le moment avec un monsieur comme il faut.

Eh bien! c'est moi qui les blanchis, et que je leur-7-y fais la cuisine!

— Non, mère Laftie, tous les enfants sont pas des oublieurs. Ainsi voilà moi,

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