‹ La comédie de notre temps ... études au crayon et à la plumeChapitre 185 sur 200 · LE BAPT'ÈME · texte numérisé non relu

LE BAPT'ÈME

Règle générale : Assurez-vous de la miarraine avant de vous préoccuper du parrain.

Le choix de la marraine a grande clhance de déterminer le parrain et de vaincre les scrupules qui laident à resserrrer les cordons de sa bourse.

Une marraine qui possède de beaux: yeux, un joli visage, une tournure élégante , une situation classée, un nom convenable, est comme une sorte de miroir aux alouettes qui parvient à attirer les parrains au lieu de les écarter.

Peu d'hommes résistent au plaisir de l'intimité passagère créée par le parrainage avec une femme élégante et graccieuse, intimité grâce à laquelle vous pouvez, en souriant finement, l'appeler ma commère, suivant la mode du bon vieux temps, et lui offrir quelque ssuperfluité de haut goût, dont le souvenir , si vous êtes intelligent, laissera die vous aussi quelque trace dans son esprit.

Mais ces sortes de marraines étant rares, il s’ensuit que les parrains se font rares aussi; et dans les familles où les enfants naissent fréquemment, le voyage des parents à la recherche des; parrains indispensables est souvent un voyage au long cours.

En ce cas, on fait la chose uniquemeent en famille, ce qui évite les embarras et les refus.

Un de mes amis avait jadis une sœur qu’il aimait beaucoup, et qui faisait beaucoup d'enfants. Trouver des parraims bénévoles chaque année pour chaque nouveau venu, devenait une difficulté imsurmontable. La sœur fit part de son embarras au frère, qui fut nommé à l'unanimité parrain inamovible et à jet continu. Le cumul des fonctions d’oncle et de celles de parrain ne figure pas encore parmi les cumuls interdits.

La sœur, rassurée, continua le cours de ses travaux d'intérieur, et mon

ami fut cinq fois parrain.

La proposition d’être parrain et marraine est un honneur, du reste, que l’on peut décliner sans s’exposer à blessser les parents.

Il s’agit simplement de trouver une ‘excuse d’une apparence bonne et suffisamment valable, qu’il sera impossible de récuser.

— Mon ami, dira l'un, vous connaissez mes principes, le parrainage est

une sorte de paternité morale que je prrends tout à fait au sérieux. J'ai un filleul auquel j'ai voué toute ma sollicititude , et je croirais l’amoindrir en la: partageant; je n’en ai donc pas le droit. DDésolé, mon cher ami.

Ou bien : Un malheureux enfant, le fifils d’un ami bien cher à moi, était mon filleul; ce pauvre petit est mort d’unne maladie cruelle. Est-ce superstition, est-ce un autre sentiment, je l’ignnore, mais il me semble que mon intervention a été fâcheuse dans la vie dee cet enfant, qui m’était devenu bien cher; et je me suis fait à moi-même lee serment de ne plus être parrain. Désolé, mon cher ami.

Les motifs peuvent se varier et se brooder au plumetis de mille manières différentes, il ne s’agit que d’avoir un peuu de tact pour les choisir.

Si vos convictions, si votre affection povuur la famille, ou votre intérêt, ou voire vanité, ou votre coquetterie, ou un «sentiment de quelque ordre que ce soit, vous ont conduit à accepter d’être | parrain ou d’être marraine, alors

n'hésitez pas à faire convenablement les chhoses.

On aura beau supprimer les Saints du cæalendrier comme les Jacobins dans la première Révolution, et appeler les citoygens Endive, Houlette ou Panais, au lieu de Pierre, Louis ou Victor, on ne suppprimera pas les réjouissances et les fêtes de baptême, même parmi les gens dess nouvelles couches sociales.

Il est vrai que toutes ces cérémonies, maême celles de l'enterrement, étant une occasion de boire, c’est un motif sérieuux de plus de ne point les laisser tomber en désuétude.

Tout ce qu’on pourrait faire, ce scraitit de les appeler baptêmes civils,

comme on a fait pour les enterrements.

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Toutes les cérémonies que nous ont léguéees nos pères, lesquels nous valaient bien, j'imagine, ont laissé tant de traces ddans les mondes même les plus intransigeants , s’il nous est permis d’empldoyer cette expression née sous les orangers espagnols, qu’ils ne parviendront quue bien difficilement à s’en défaire.

Je n’ai pas vu sans surprise, pendant le téemps de la Commune, alors qu’on arrêtait les archevêques et fusillait les prêtrees, nombre de communards couronner leurs fusils de buis bénit et en orner : leurs képis, le jour du dimanche des Rameaux.

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