CRITIQUES
— Il me dit : {1 faut que tout le monde soit heureux aujourd'hui, et v'là ce que ça donne. Cinq patards ! Ah! malheur !
Il y a deux sortes de billets de faire part pour le mariage. La première, qui sadresse la veille ou lavant-veille, comprend Finvitation d'assister à la cérémonie religieuse. Elle s’envoie aux parents, amis et connaissances.
La seconde est l'avertissement officiel du mariage déjà contracté; on l’envoie quelques jours après la célébration.
Ceux qui ont reçu l’une ou l’autre de ces invitations, doivent des cartes dans la huilaine au domicile des nouveaux mariés, ou chez leurs parents.
Les nouveaux mariés, à leur tour, doivent une visite, dans le courant du mois qui suit leur retour, aux parents éloignés, connaissances et amis.
Voilà quelles sont les règles générales pour les mariages accomplis suivant les habitudes de politesse et de convenances à la mode de notre temps.
Dans certains milieux, on a conservé l’habitude ancienne de faire ce qu'on appelle une noce.
A ces noces, on boit, on rit, et le garçon d'honneur va chercher sous la table la jarretière de la mariée.
Au dessert, les messieurs à lunettes d’or récitent des épithalames en vers, ou chantent quelques couplets égrillards.
On danse après le dîner, et vers minuit, on procède au coucher de la mariée.
Vers les trois heures du matin, on va frapper à la porte des nouveaux époux, et on leur porte en cérémonie une rôtie au vin.
Mais ces anciennes coutumes tendent chaque jour de plus en plus à disparaître.
Dans le monde petit marchand ou bien ouvrier, on va diner dans quelque bon endroit, hors barrière, où l’on fait noces et festins.
On boit, on rit, on mange, on danse jusqu’au matin. Vers le milieu de la nuit le marié a emmené Ja mariée. C’est à peine si lon s’en est aperçu, tant chacun est affairé pour son propre compte.
Le lendemain, on a encore bien un peu mal aux cheveux, suivant le dicton usité en pareille circonstance, mais on s’en console facilement. On ne fait pas la noce tous les jours.
Et si une fois par hasard on se pique le nez, la santé ne s’en trouve pas mal, au contraire.
Bonum est inebriari semel in uno mense.
I est bon de s’enivrer une fois par mois, a dit jadis un ami de la dive bouteille.
C'est peut-être encore une chose saine et profitable à la santé, mais, il faut
le dire, ce moyen hygiénique n’est plus admis, et les règles de la civilité ne Je comportent en aucune facon.