‹ La comédie de notre temps ... études au crayon et à la plumeChapitre 26 sur 200 · SALUT TIMIDE · texte numérisé non relu

SALUT TIMIDE

Venu pour solliciter une place de surnuméraire.

Salat à la femme

Salut à la maïtresse Trois pas en avant, salut du ministre de della maisons au roi, ou au président qui dépend votre - de la république, ou à situation, ou au l'empereur, où au dicdirecteur de l’ad. tateur, ou à n'importe ministration dont qui premier.

vousdésirez faire partie.

Salut au maitre Salut à une dame qui

le la mao SALUT À VOTRE DANSEUSE réçoit bengcoëp. en lui Mademoiselle, voulez-vous me faire l'honneur demandant la permission de m'accorder celte contredanse ? de la conduire au buffet,

Il est encore bien d’autres saluts qu’il serait trop long d’énumérer. Somme toute, saluer est une étude, bien saluer est une habileté, mal saluer est une maladresse, quelquefois ne pas saluer est une vertu.

Dans le chapeau, dans Le salut, réside peut-être toute la science des relations sociales,

Salut enthousiaste,

Dans les cercles, tous plus ou moins façonnés suivant le rite anglais, la question du chapeau est résolue ainsi : Chacun en fait ce qu’il veut

Tout membre d’un cercle est considéré comme étant chez lui, et dès lors ôte ou garde, à son gré, son chapeau.

Partout ailleurs, il en est tout autrement. Celui qui entre dans un appartement et qui vient faire une visite, doit se découvrir immédiatement, mais il ne doit jamais abandonner son chapeau.

C’est à lui de trouver la pose gracieuse, ou simple, ou confortable, qui convient le mieux à son caractère et à son attitude.

Il n’est pas de bonne compagnie de se précipiter sur le visiteur pour le débarrasser de son chapeau.

Les luttes de politesse, pour prendre le chapeau du visiteur et le poser sur une console, le refus opiniâtre du visiteur de donner un pareil soin au visité, constituent une bonne petite scène, que l’on voit trop souvent reproduire, et qu’il est nécessaire d’éviter avec soin.

On ne doit abandonner son chapeau que lorsque la visite se prolonge au delà du quart d'heure réglementaire, et qu’elle prend un caractère d'intimité.

Il est de mauvais ton de laisser son chapeau dans l’antichambre. Le chapeau étant tout particulièrement une machine à saluer, il est indispensable de l'avoir à la main pour faire son entrée dans le salon et saluer le maitre et la maitresse de la maison qui vous font l'honneur de vous recevoir.

A la campagne, quelques personnes, au lieu de s’acharner à vous débarrasser de votre chapeau, ne manquent pas au contraire de vous dire : Couvrez-vous, je vous en prie ; et l’on se livre aux mêmes luttes de politesse que signale l'opération contraire.

Dans la grande maison des ducs de Lévis, dont la tradition et la prétention sont de descendre de l'antique famille de Lévi, on conserve pieusement une vieille peinture; elle représente un ancêtre de la famille, un Lévis, en visite

chez la sainte Vierge, qui était, comme on le sait, de la tribu de Lévi. L’ancêtre a ôté son chapeau.

-— Couvrez-vous, mon cousin, dit la sainte Vierge. — Je vous remercie, ma cousine; c’est pour ma commodité, — dit le visiteur.

Vous pouvez répondre comme l'ancêtre des ducs de Lévis-Mirepoix ; mais si vous craignez la lutte, résignez-vous, et faites comme ceux parmi lesquels vous vous trouvez, ce sera une politesse de plus,

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