LA COIFFURE
Les cheveux jouent un rôle important dans la comédie de la coiffure.
Mais il n’est pas absolument nécessaire qu'ils appartiennent — foncièrement — à celle qui confie
NY
sa tête aux mains d’une femme de chambre ou d’un coiffeur.
Il est même souvent préférable
qu'il en soit autrement.
Il est plus facile de les natter, de les friser, de les onduler, de les placer où la fantaisie, où la mode du moment l'exige. Une fois le rôle joué, ils rentrent dans la coulisse, n’alourdissant et n’échauffant plus la tête de leur poids, et le soir ils couchent discrètement à part, laissant leur propriétaire dormir, ou veiller en repos de son côté.
Aussi les faux cheveux ont-ils un véritable succès, et le commerce s’en fait dans des proportions remarquables.
L'essentiel est de les assortir convenablement à la nuance dont la nature vous à gratifiée, ou bien à celle qu’il vous convient de vous procurer pour le moment.
Les cheveux jaunes, ceux que les poëtes caractérisent sous ce vocable : blonds comme les blés, ont été, ces dernières années, des plus à la mode. Les nattes blondes comme les blés étaient hors de prix. Maintenant ce genre de cheveux est moins en faveur, il y a baisse sur l’article.
Les blond flavescent, ardent, phœbéen, cendré, sont assez difficiles à assortir, et, partant, d’un prix plus élevé que les châtain clair, châtain plus foncé, châtain noir. Le noir bleu-corbeau est encore une rareté qui a son prix.
Du reste, la généralité de l'habitude est telle, et le commerce des cheveux
se fait si ouvertement, que c’est à peine si l’on dissimule. Une belle natte, le beau chignon indispensable pour bien accompagner la quirlande de fleurs du bal ou le chapeau de la promenade, ont un poids qui
varie depuis un demi jusqu’à un kilo.
Quelques-unes de ces dames lui donnent ce dernier nom.
— Ah! mon Dieu! voilà que je perds mon kilo! Gontran, attends que je rattache mon kilo. — Il y a peu ou point d’hypocrisie sur ce point.
L'essentiel est de présenter à l’œil Paspect d’une chevelure poussée naturellement et encadrant avec art l’ovale du visage.
Chacun sait ce qu’il en est.
Les cheveux sont consiiérés comme une variété de la dentelle, de la torsade ou du ruban.
Les chignons et les fausses naites sont variés à infini.
Le nattes se placent majestueusement en couronne, ou s’accrochent élégamment à la nuque, ou s’épanouissent avec coquetterie sur le côté.
Les chignons sont ou à lenfant, ou à l'anglaise, ou en catogan, ou au saule pleureur ; le goût de Partiste capillaire, comme ces messieurs se nomment, en multiplie les aspects, en les combinant avec les perles, les diamants ou les fleurs.
Les artistes capillaires sont nombreux à Paris, qui passe pour la première école de coiffure du monde entier. Mais le premier, sans conteste, de tous les coiffeurs, est une coiffeuse. C’est madame Loisel qui possède en ce moment le monopole de toutes les têtes couronnées au théâtre.
Les grandes cantatrices en raffolent, et les coiffures Loisel ont leur célébrité dans le monde dramatique.
On prétend même que le jour où madame Loisel ne coiffera plus, madame Carvalho cessera de chanter.
Les femmes ont généralement deux garnitures de cheveux, les cheveux de tous les jours et les cheveux habillé,