DE LA PUDEUR
a pudeur est certainement une des parures les plus précieuses de la
( femme. Il ne saurait s'élever aucun
doute à cet égard.
BR Mais, à ce qu’il paraît, il existe dans les idées des femmes certains compromis et certaines conventions dont il faut sérieusement tenir compte.
Il y a plusieurs sortes de pudeur.
Notre ami Alphonse Karr les à signalées aux curieux, parmi les plus véridiques observations de son livre de bord.
Il y a d’abord la pudeur du matin ct la pudeur du soir.
Telle femme jette les hauts cris si par hasard le matin elle se trouve surprise par une visite imprévue, livrant un seul instant aux regards un petil coin de son épaule ou le haut de son bras. Mais le soir, elle trouve parfaitement naturel d’exhiber, non-seulement les deux épaules, mais encore les | deux bras jusqu'à ces deux épaules, dont ils ne sont séparés que par une facon d’épaulette, quelque chose comme une délicate ligne de dentelle ; puis la poitrine presque tout entière et une partie du dos; ce qui peut aller fort loin si quelque signe destiné à faire valoir la blancheur éclatante de la peau se trouve un peu bas placé.
Elle ne pousse pas alors le moindre cri, n’éprouve pas le moindre embarras, et se considère pour ainsi dire comme vêlue par l'éclat des bougies et le rayonnement des lustres.
Elle serait au contraire fort désappointée si, par la faute de son couturier ou de sa couturière, la robe, insuffisamment échancrée, ne livrait point à tous les regards assez de ce qu’elle leur dérobe si soigneusement le matin.
Ceci n’est point à discuter, c’est un fait; sauf quelques douairières fout à
COSTUMES ET VISAGES
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