‹ La comédie du génie; piece en trois actesChapitre 85 sur 92 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LA DUCHESSE, EBERHARDT

(Après le départ de Félix, la duchesse retombe dans sa contemplation. Bientôt sort de la sacristie le moine Eberhardt. Il est petit, trapu, épais, taillé en Hercule, d'un extérieur particulièrement inculte. Une barbe rousse mêlée de gris lui couvre la poitrine et ses cheveux semblent délier le peigne. L'expression de son visage est à la fois dure et franche. Il vient jusqu'à la table de communion cl s'adresse à la duchesse.)

EBERHARDT

C'est vous qui voulez vous confesser?...

^ LA DUCHESSE

Oui, mon père... (Hésitant.) Est-ce au père Eberhardt que?...

EBERHARDT, l'interrompant.

Naturellement... C'est lui... (ll prend une chaise dans le chœur, la pose de travers contre la grille de communion et montrant à la duchesse la marche qui limite le chœur.) Tenez, mcttCZ-VOUS là et commencez... (Docilement, la pénitente s'agenouille contre la grille qui la sépare dEberhardt, lequel est assis de profil devant elle.)

LA DUCHESSE, récitant les formules habituelles de la confession.

Bénissez-moi, mou père, parce que j'ai péché...

Eberhardt marmotte une bénédiction, pendant que sa main trace en l'air le signe de la croix ) Je COnfcSSe à DicU tout-puis-

sant...

EBERHARDT, interrompant.

Non, pas de confiteor... je suis pressé.., (indulgent et bourru.) Rappclcz-vous, mon enfant, que les anges se réjouissent dans le ciel lorsqu'une brebis égarée revient à Dieu, et faites l'aveu de vos fautes.

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