Acte 1, se. I
résignent au sort de George Dandin : il se prépare une vengeance bien nationale en appelant à son aide le fer des spadassins pour frapper l'imprudent qui osera franchir le seuil de sa demeure. Une fois l'homme expédié par les soins de son valet Tibia, il reparaît calme, froid, son épée sous le bras, répondant aux menaces d'Octave qui l'accuse d'avoir tué son ami Cœlio :
Êtes- vous fou ou somnambule? Cherchez dans ce jardin si bon vous semble; je n'y ai vu entrer personne, et si quelqu'un l'a voulu faire, il me semble que j^avais le droit de ne pas lui ouvrir ^.
Au début, Marianne, la belle et sévère dévote, se rend aux vêpres, tenant à la main son livre de messe. A la porte de l'église, comme il arrive souvent en Italie, le diable la guette sous les traits de Tentremetteusc Gin ta, personnage qu'on a le tort de supprimer à la représentation, dit avec raison Théophile Gautier, car il donne tout d'abord à la pièce sa véritable couleur. Ginta lui parle de Gœlio, un beau jeune homme de noble famille qui meurt d'amour pour elle dei)uis un mois -. Marianne la repousse avec dédain et menace de tout rapporter à son mari. Cependant, toute vertueuse qu'elle est, l'amour entre dans son cœur. Par un de ces caprices féminins souvent inexplicables, elle rejette les vœux de Thonnète et respectueux Gœlio, l'amant timide qui n'a osé lui a.vouer lui-même sa passion, et s'éprend d'un mauvais sujet, son cousin Octave, qui ne l'aime point et n'est que le messager et l'avocat de Gœlio.