‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 12 sur 122 · Acte V, se. IV · texte numérisé non relu

Acte V, se. IV

Cette perspective peu rassurante d'une rencontre désagréable Tamène à réfléchir. Sans détails plus précis, il a entrevu et flairé le péril auquel son ami vient d'échapper. Quand Danville, parlant de retourner au Havre avec sa femme, lui donne rendez-vous à son prochain voyage en compagnie de Mme Bonnard, le vieux célibataire, secouant la tête, lui répond en homme prudent :

Où d'autres ont glissé je puis faire un faux pas, Et ton ami Bonnard ne se mariera pas i.

Peut-être a-t-il raison. Ce n'est pas en fait de mariage qu'il est permis de dire : « Mieux vaut tard que jamais. »

Hortense, qui est la cause plus ou moins inconsciente ou volontaire de ces revirements et de ces complications; nous offre l'exemple de la mobilité et de la versatilité féminine, sous une forme complexe et souvent indécise. Mlle Mars déclarait ce rôle un des plus difficiles qu'elle eût rencontrés au théâtre, tout en le trouvant charmant. La raison qu'elle en donne, c'est qu'Hortense a vingt-cinq ans au premier acte et dix-huit au cinquième. Elle débute en grande coquette et finit en ingénue.

On lui reprocherait volontiers, dans cette première partie, d'étaler trop de brio, d'activité brouillonne, de légèreté moqueuse, et de montrer, comme la Gélimène du Misanthrope, plus d'esprit que de cœur. Après avoir cajolé, ravi le brave et innocent Bonnard par sa voix de sirène, en lui rappelant ses beaux succès de collège, et ce fameux prix de vers latins

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