janvier
par quelques minces ressorts dramatiques. Sur ce canevas flottant se détachent çà et là de jolis vers mordants et spirituels, qui ramènent le rire prêt à s'éteindre. Le comique réside en somme dans les mots plus encore que dans les situations et les personnages. Granville nous parle de son oncle qui vient d'expirer entre les mains de trois médecins :
La Faculté du lieu le traita, Dieu sait comme ! Ils étaient trois docteurs, et pourtant...
PEMBROCK.
Le pauvre homme !
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?
GRANVILLE
Qu'il mourut 1.
Innocente parodie d'un vers sublime, qui a le tort de se trouver dans la bouche d'un neveu héritier. Le trait a été évidemment amené, préparé, et ne jaillit pas de verve. Néanmoins l'esprit est ce qui domine surtout chez Casimir Delavigne. Or, nous avons vu que l'esprit ne suffit pas au théâtre. Voltaire, l'homme le plus spirituel de France et d'Europe, n'a jamais réussi à faire d'autre comédie que JSanine et V Enfant prodigue^ très inférieures aux plus médiocres pièces de La Chaussée.
A défaut de la peinture sociale, la critique littéraire olïrait encore au public d'alors un aliment propre à l'intéresser. Les amis de la gaieté française s'inquiétaient un peu de voir les brumes germaniques s'étendre sur notre théâtre avec l'influence de Gœthect