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CHAPITRE XXII

AUTEURS COMIQUES DE SECOND ORDRE SOUS LA RESTAURATION {Suite).

Mazères: Le Jeune Mari (1826). -- Les Trois Quariiei*s (1827). — Empis : L'Agiotage (1826). — La Mère et la Fille. {iSdO). — Casimir Bonjour : L'Éducation, ou ks Deux Cousines (1823).

Si Waflard et Fulgence nous ont offert l'exemple d'une étroite fraternité littéraire associant autour d'une œuvre commune deux noms inséparables, une conformité analogue et différente cependant rapproche deux talents homogènes qui brillent un moment au second rang parmi les auteurs comiques de la Restauration. Nous voulons parler de Mazères et d'Empis. Tous deux nés à la fin du siècle précédent, l'un en 171)5, l'autre en 1796, bien qu'ils aient vécu jusqu'au temps du second Empire, appartiennent à la période de la Restauration par la nature comme par la date de leurs productions et de leurs plus brillants succès. Tous deux collaborateurs de Picard et de Scribe à leurs débuts, pris entre deux courants littéraires, se trouvent de bonne heure éclipsés par l'école nouvelle, démodés et sacrifiés : on l'est bien vite dans les époques de révolution. Ils n'en ont pas moins eu leurs jours de triomphe et d'ivresse; ils ont vu, eux aussi, la salle éclater en bravos ; ils ont caressé leurs rêves de gloire, leurs ambitions académiques, plus

OU moins déçues ou réalisées. C'est de leurs succès seuls que nous parlerons ici, laissant à l'oubli les chutes, inutiles ou douloureuses à rappeler. Nous commencerons par Mazères.

Fils d'un riche colon de Saint-Doming-ue qui dut souffrir de nos désastres, esprit fin, délicat, distingué, mais tant soit peu irrésolu; tour à tour militaire comme Dupaty, homme de lettres comme tant d'autres, préfet comme Ghéron*, revenant a la littérature après les déceptions de la politique, Mazères n'a pas dans sa vie cette unité, cette fixité de vocation que nous avons signalées chez son maître Picard. Élevé au lycée Napoléon^, où le souvenir et l'exemple de Scribe et de Casimir Delavigne devaient enfanter une longue suite de poètes dramatiques tels qu'Emile Augier, Sardou, Jules Barbier, Edmond Cottinet, etc., il sentit s'éveiller en lui la passion du théâtre. Sorti de Saint-Cvr et devenu lieutenant, il donnait sa démission pour se livrer tout entier à ses goûts littéraires, et débutait par le vaudeville, ce premier pas de tout écolier dans la carrière dramatique, à défaut de la tragédie faite au collège.

Bientôt les conseils et l'amitié de Picard lui venaient en aide pour donner ensemble à l'Odéon V Enfant trouvé (1824), comédie en trois actes, en prose, et peu après une autre comédie dans ce cadre consacré des trois actes. Héritage et Mariage^ ayant plus d'un trait commun avec le Vieux Célibataire de Collin d'Harleville. Andrieux, félicitant l'auteur de cette pièce, lui disait : « Vous m'avez rappelé mon pauvre Collin : ce n'est pas de la grande comédie, mais la petite n'est

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