Acte V, se. viii
pose encore le Puff^ ou Mensonge et Vérité^ comédie en cinq actes représentée le 22 janvier 1848 : un mois plus tard, la Monarchie de Juillet avait sombré.
Cette pièce est, non pas la plus amusante, mais la plus satirique et la plus agressive peut-être que l'auteur se soit permise contre la société bourg-eoise, dont il est cependant Tami, le défenseur, et dont il reste l'interprète et l'idole durant plus d'un quart de siècle. Le Puff" nous introduit dans le monde du brocantag-e mercantile et financier, politique et littéraire, où les grands seigneurs s'associent aux courtiers marrons, où l'on trafique de son crédit et de sa conscience, où les journalistes vendent leurs éloges, leurs injures, leur silence même; où Ton fait et défait les réputations, où le mensonge a plus d'empire que la vérité. Desgaudets, le philosophe de la situation et le porte-voix de l'auteur, se charge de nous instruire à cet égard. S'adressant au loyal et honnête Albert d'Angremont, officier de l'armée d'Afrique, qui a conservé toute l'ingénuité et l'ignorance d'un noble cœur, il l'avertit charitablement de ce qu'il va rencontrer à Paris.
« Chacun sait, excepté vous, que dans cette grande ville, si populaire et si commerçante, il ne se vend pas, il ne se débite pas un mot de vérité ; que le mensonge au contraire s'y confectionne hautement, par privilège et brevet d'invention, sans garantie du gouvernement, et qu'enfin il n'y a maintenant de vrai que le puff'ei la réclame K »
Qu'est ce donc que le puff ? C'est encore Desgaudets, un proche parent de Philinte et de Desronais