Où ne monterai-je pas
i86 LA COMÉDIE EN FRANCE AU XIX* SIÈCLE.
ofl'rirais la. promesse sacrée, le serment solennel de ne plus faire de littérature * . »
Cette fière réponse, colportée dans tous les bureaux, excita un rire homérique et fit hausser les épaules aux incrédules. Le jeune téméraire la justifiait bientôt par son succès de Henri III, où il conviait la famille du duc d'Orléans et les princes étrang-ers invités au Palais-Royal.
Avant cette révélation éclatante d'un talent qui sent déjà ses forces, Alexandre Dumas, comme Scribe, comme Bayard, comme la plupart des grands praticiens du théâtre, avait débuté par le vaudeville en compagnie de ses amis de Leuven, Rousseau et Vulpian. La Chasse et l'Amour (1825), la Noce et VEntei^ement (1826), sont de simples amusettes, des Juvenilia sans importance, un premier jet de cette gourme dramatique qui sort en manière de rougeole chez les écrivains de tempérament.
Cependant, malgré la belle humeur et Tesprit dont il est largement pourvu, il renonce de bonne heure au vaudeville et cherche une autre voie. Il n'a point encore assez vécu, assez observé pour tirer de son propre fonds un sujet de comédie. Il va profiter de la vie et de l'expérience des autres en s'adressant à l'histoire. Ce qu'il lui demande avant tout, c'est un sujet de drame, le drame étant devenu le genre à la mode depuis la fameuse préface de Cromwell: Henri III en est le triomphe et l'application. Un immense cri d'enthousiasme salua l'apparition de l'œuvre nouvelle. L'école classique semblait enterrée du coup, et Racine avec elle. Heureusement, Racine en a rappelé. Pourtant,