‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 70 sur 122 · Représenté le l^r juin · texte numérisé non relu

Représenté le l^r juin

5. Les Mémoires du chevalier cTArtagnan^ par Courtils de San Iras.

mit vainement dans les grisailles de La Chaussée.

En m(^me temps, la vivacité des tours, des dialogues, de l'intrig-ue, nous arrache aux langueurs de la comédie larmoyante pour nous lancer en plein mouvement, en pleine gaieté de bon aloi et de bon ton, quoi qu'en ait dit la critique. Rien qui sente trop ni le débraillé des roués, comme il arrive parfois aux gentilshommes de Dancourt, ni Tairectation des beaux esprits, comme il advient à ceux de Marivaux : mais à travers la licence des mœurs contemporaines, une certaine décence extérieure, le vice élégant d'une société polie. Rien non plus de violent ni de heurté dans les sentiments ni dans le langage. Les situations les plus risquées, et elles abondent dans la pièce, se trouvent atténuées, amorties par la mesure de Texpi-ession, par le tact et l'habileté de la mise en scène.

L'auteur d'Antony a oublié un moment les passions échevelées du romantisme, pour nous divertir en jouant avec les sentiments contenus, les émotions tempérées, dans la gamme de Marivaux. Il fait mieux : il revient au sens commun, à la vérité, à la nature, en nous montrant un amour honnête, sincère, triomphant ù lafin des préjugés et des préventions d'une société où l'on n'ose avoir l'air d'aimer sa femme et surtout d en être jaloux; où Ion craint le ridicule plus que le déslionneur; où l'on se crée des afl'ections, des vices et des chagrins par vanité. C'est encore une fois la question du mariage déjà traitée jadis par Destouches * et par La Chaussée ^, mais dégagée de l'emphase et de la déclamation dont l'accompagne trop souvent lu comédie philoso[)hique du xviii® siècle.

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