II
ellet, rude et laborieuse, et prouva une fois de plus, h son honneur, ce que peut l'énergie de la volonté. Là encore se i)résente un nouveau contraste avec Alexandre Dumas, chez qui tout déborde et s'épanche sans travail et sans ellorl, avec une profusion et une intempérance souvent dangereuses. Balzac est un Gyclope forg-eant dans son atelier à la sueur de son front. Théophile Gautier, qui Ta vu à l'œuvre, en parle savamment :
« On a dit que la patience était la moitié du g-énie : personne ne peut nier dans l'auteur du Père Goriot et des Scènes de la vie de province une opiniâtreté de travail à l'abri de toute fatigue ; le Labor improhus omnia vincit semble avoir été écrit pour lui. En eflet, bien différent des natures spontanées qui trouvent tout d'abord la forme qui leur est propre, M. de Balzac a fait d'immenses efforts pour dégager sa pensée du bloc. De ses tâtonnements multiples est résultée une infinité d'ébauches plus ou moins informes, ne vivant qu a demi, et qui cependant trahissent çà et là, par quelques traits singuliers, le talent futur de l'auteur. Cent ou cent cinquante volumes parurent ainsi^ signés de différents pseudonymes, et se débitèrent obscurément dans les cabinets de lecture, sans qu'aucun (j'il investigateur devinât l'ingénieux écrivain de la Physiologie du Mariage et de la Peau de chagrin y et de tant d'œuvres remarquables *. »
il eût pu mourir alors parfaitement ignoré. C'eût été dommage pour lui et pour nous.
Ainsi que Beaumarchais, Balzac a la passion de la fortune et de la renommée, deux moyens d'agir sur