‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 9 sur 122 · Acte III, se. I · texte numérisé non relu

Acte III, se. I

DANVILLE

Sortez, c'est trop longtemps éviter ma présence. Venez !

LE DUC

Que voulez-vous?

DANVILLE

Punir votre insolence.

Qui, vous?

Moi.

LE DUC

DANVILLE

LE DUC

Mais, monsieur....

DANVILLE

Quand? Dans quel lieu? Com-

iment?

LE DUC

Que votre sang plus froid se calme un seul moment.

DANVILLE

Ah î ce peu que j'en ai, s'il est glacé par l'âge. Bouillonne et rajeunit aussitôt qu'on l'outrage.

Et remettant à ce courtier des g-râces ministérielles cette nomination de receveur général qui semble le prix de son déshonneur :

... Reprenez ce brevet, Tenez, prenez-le donc, tenez, je le déchire.

Je ne vous dois plus rien, et je puis tout vous dire.

Le dialogue continue de la sorte, avec un admirable crescendo où Banville s'élève bien au delà du Chrêmes antique, sans tomber dans la déclamation. En vain

le duc proteste contre une lutte inégale par la différence des âges : ^

Je serais ridicule, et vous seriez victime.

BANVILLE

Le ridicule cesse où commence le crime,

Et VOUS le commettrez, c'est votre châtiment.

Ou vainqueur ou vaincu, moi, ce combat m'iionore. Il VOUS flétrit vaincu, mais vainqueur, plus encore : Votre honneur y mourra! Je sais trop qu'à Paris Le monde est sans pitié pour le sort des maris. Mais dès que leur sang coule, on ne rit plus, on blâme. Vous ridicule ! Non, non : vous serez infâme ^.

Il ne reste plus, dès lors, qu'à croiser le fer.

LE DUC

Votre heure?

BANVILLE

Au point du jour.

LE DUC

Et votre arme ?

BANVILLE

L'épée.

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