‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 96 sur 122 · Préface de son ThédCre · texte numérisé non relu

Préface de son ThédCre

La prùfacc est peut-être plus étrange encore que l«i [)iùoc elle-même, associant d'une farjon bizarre les idées religieuses aux écarts de la passion. On est tout étonné d'entendre invoquer le nom du Christ à propos d'un drame dont l'adultère est le fondement principal. A moins pourtant que fauteur n'ait song-é à la femme coupable prosternée devant Jésus. George Sanda trop l'air de soutenir une thèse, où elle est intéressée [)ar les malheurs de sa vie et de sa condition. On est tenté de sourire à (tette singulière exclamation de Cosima, qui rappelle un peu celle de Constance et de Rosalie dans le Fils naturel de Diderot :

Honneur conjuf^al, farouche préjugé ! tu engendres la férocité de lY'poux, la honte de la femme, la ruine de la famille ^ !

Qui se douterait que l'honneur conjugal produit tant de ravages? C'est à en dégoûter. Au fond, ces malédictions sont une attaque contre l'institution du mariage, déjà battu en brèche dans Indiana et Lélia, On conijjrend qu'elles aient été mal reçues par le public bourgeois de 1840, entêté dans ses préjugés de famille, de lien conjugal, ot no voyant encore rien de mieux qu'on pût mettre à la |>lace : les attraits du phalanstère saint-simonien, Vlcarie de Cabet et la grande asso- (^iation ])olygame dos \lormons n*ont guère changé stîs idées à cet égard, même après la promulgation du divorce.

L'îiccucmI peu favorable du parterre et ses protestations pudibondes dégoûtèrent l'auteur du théâtre. Il n'y revint (jue huit ans ])lus tard avec un prologue de circonstance dont Molière était le héros. Le Roi attend^

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