‹ La Comedie en France Au XIX SiecleChapitre 97 sur 122 · I. Acte 1, se. VI · texte numérisé non relu

I. Acte 1, se. VI

tel est le titre de la nouvelle pièce représentée le avril 1848 sur le théâtre de la République : rêverie dramatique et allégorique, où Molière paraît entouré de sa troupe, de la Muse et des ombres de Sophocle, d'Eschyle, d'Euripide, de Shakespeare, de Voltaire, de Beaumarchais, convoquées pour lui faire cortège. Tout ici est fantastique, surtout le langage prêté à l'auteur du Misanthrope, se parlant ainsi à lui-même :

Oui, mon cœur, je crois que tu es honnête et que tu es plus sensible à des marques d'estime qu'à des faveurs de fortune.... Non, Molière, tu n'as point failli, et, si le Roi s'est servi de toi pour châtier la cour, tu t'es servi du Roi pour sauver l'honneur de tous ceux que les gens de cour voudraient rabaisser *.

Le Roi attend... quoi ? Une pièce nouvelle qu'il faut bâtir à la hâte comme l'Impromptu de Versailles, Molière, harassé de fatigue, s'est endormi. La Muse lui apparaît et lui adresse ces conseils démocratiques :

Fils de Tartisan, lumière du peuple, prends toujours conseil de Tenfant du peuple 2.

La lumière d'en haut qui s'inspire d'en bas nous raï)pelle un peu la fable de /a Tête et la Queue du Serpent : mais nous sommes en avril 1848, et George Sîmd collabore avec Barbés et Sobrier au Journal de ^a Commune. Aussi MoUère, envahi par l'esprit du temps, a-t-il des visions étranges :

Je vois bien un roi; mais il ne s'appelle plus Louis XIV; il s'appelle le Peuple ! le peuple souverain ! c'est un mot que je ne connaissais point, un mot grand comme Téternité ^ !

Ce fantôme de Molière obsède en quelque sorte la

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