Prologue de ses comédies
PRÉFACE
constituant ainsi ce qu'on appelle le vestiaire, et derrière ce rideau se tenaient les musiciens qui chantaient, sans guitare, quelque vieille romance. »
Agustín de Rojas ajoute 1 : « On avait une guitare; mais elle ne sortait pas du théâtre; elle restait dedans et sur les planches, fort mal accordée et manquant de cordes. Le bouffon dansait en arrière, et tout le vulgaire tirait la langue, ébahi de voir pareille chose. »
Ces pièces se jouaient sur une place, dans une cour, dans un jardin, sous un hangar. Le public les écoutait debout, en rangs serrés.
Torrès Naharro qui était auteur, comédien, directeur de théâtre, et qui survécut à Lope de Rueda, perfectionna, vers 1570, les installations que nous venons de décrire. Il introduisit des décors peints et mobiles répondant à l'argument de la pièce, il déplaça l'orchestre, il varia les costumes, modifia la mise en scène, imita la pluie et l'orage, et anima l'action par le bruyant appareil des mouvements d'armée et des combats.
Les Pasos de Lope de Rueda avaient trois ou quatre personnages, et une action des plus simples. Le dialogue était animé, vif et plaisant; mais, je tiens à le dire, le langage en était correct et toujours châtié. Ceci répond à. une assertion que renferme un livre récent de M. Louis de Viel-Castel 2. Le savant académicien me permettra d'affirmer ce que j'ai dit plus haut, en donnant pour preuve les pièces qui composent le présent volume, que j'ai traduites scrupuleusement, et dans lesquelles je n'ai rien atténué.