‹ La comédie espagnoleChapitre 23 sur 34 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Salle dans la maison de Leonardo.

EUFEMIA, CRISTINA.

EUFEMIA.

Ma sœur Cristina, que te semble de cette grande négligence de mon frère Leonardo à m'écrire? Voilà bien de longs jours que je n'ai vu une lettre de lui. Oh ! bienheureuses âmes du purgatoire, mettez donc dans le cœur de ce frère combien ses lettres ou sa personne me rendent heureuse et joyeuse.

CRISTINA

Ne te tourmente pas, ma maîtresse; il n'aura pu faire autrement; celui qui en sert un autre est rarement maître de lui-même. Je sais que ce n'est pas la volonté qui lui manque; mais, sans doute, ce sont les affaires plus impérieuses de ce seigneur qui le détournent de faire ce qu'il désirerait le plus. Non, ma maîtresse, tu ne dois pas te fâcher, et tu verras ce que tu désires lorsque tu y penseras le moins.

EUFEMIA.

Ah, mon amie ! Que Dieu, dans son immense bonté,

LOPE DE RUEDA

fasse de telle sorte que ses lettres rendent le contentement à notre maison.

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