‹ La comédie espagnoleChapitre 27 sur 34 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Une salle dans la maison de Leonardo.

EUFEMIA, CRISTINA.

EUFEMIA.

Ah! ma sœur Cristina, viens me conseiller ce que je dois faire, j'ai le cœur serré de cruelles angoisses. Que te dirai-je, sinon que depuis que cette gitane est venue chez nous, je n'ai pas dormi une heure sans mille inquiétudes ! J'ai pris alors ses paroles en •plaisanterie, et maintenant j'ai devant les yeux toutes ses tristes prédictions.

CRISTINA

Comment, Madame? Ah! pour Dieu, que je ne te voie pas triste , et ne te fais pas de semblables idées. Si, par hasard, elles disent justement sur quelque

EUFEMIA.

chose, sur deux mille elles se trompent. Tout ce qu'elles disent n'a pas d'autre but que d'accrocher par leurs paroles, de-ci et de-là, le plus qu'elles peuvent. Et si c'est là leur métier, ne cherche pas, ma chère dame, à leur accorder une croyance qui ne peut entrer dans l'esprit des gens sérieux.

EUFEMIA.

Ah! Cristina! j'ai bien compris que c'est comme tu dis; mais que veux-tu, si je ne puis retirer cela de ma pensée ?

CRISTINA

Tais-toi, Madame, recommande-toi à Dieu qui apporte le remède à toutes choses. Mais, sur l'âme de ma mère, voici Melchior Ortiz.

Page 1