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S A R.MAX DE BÉJART

au sujet de son second mariage, rejaillisse sur Guérin de façon à nous rendre injustes envers lui.

C'était, au dire des contemporains, un homme plein

d'honneur, de probité, et telle fut l'estime que lui portaient

ses camarades qu'au soir où il eut une attaque d'apoplexie

2? juillet 1717 les comédiens refusèrent de continuer la

représentation commencée et préférèrent rendre l'argent.

Au point de vue du théâtre, Guérin avait une certaine valeur. Réussissant d'une manière toute spéciale les rôles à manteau et les confidents tragiques, il concourut au succès d'un grand nombre de pièces nouvelles et s'acquit de la réputation dans les personnages de Chrysante, du Flatteur; de Yalère, du Distrait; de l'Intendant, du Double Veuvage; de Rutile, de Manlius, etc.. «On sait également, écrit un biographe, qu'il jouait avec un art et en même temps un naturel admirables les rôles de l'Avare, du Grondeur, de M. Guillaume avocat Patelin' ; de Chrysale, des Femmes savantes; et, dans la tragédie, les grands confidents, tels que Théramène, Arbate et Narcisse. Son talent pour les récits fut longtemps célèbre; on se souvint longtemps aussi d'une habitude qu'il avait prise dans celui de Théramène.

« Les acteurs tragiques portaient alors une large perruque à trois marteaux. Or toutes les fois que Guérin arrivait à ce vers :

J'ai vu, seigneur, j'ai vu votre malheureux fils!

il ne manquait pas de rejeter régulièrement derrière lui un de ces trois marteaux. »

Né à Paris, en l'année i636, Isaac- François Guérin, sieur d'Estriché, fit d'abord partie d'une troupe de cam-

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pagne, ainsi que la plupart des acteurs de son temps. En 1672 il débutait au Marais, passait en 1673 au théâtre Guénégaud, et était compris dans la réunion de 1680.

A dater de cette dernière époque, le comédien resta trente-sept ans au théâtre, ce qui constitue pour lui une carrière dramatique d'un demi-siècle à peu près. Encore ne songeait-il pas à se retirer, soit qu'il eût besoin des applaudissements du public, soit qu'il redoutât la monotonie de la vie privée, et certainement il fût mort sur les planches, sans l'attaque d'apoplexie dont nous parlions tout à l'heure, et qui le surprit dans les coulisses à l'instant où il allait entrer en scène.

Cependant Guérin se rétablit vite, mais un embarras qui lui survint à la langue provoqua sa retraite. Peut-être il eût pu jouer encore, si l'on s'en rapporte au témoignage de Lemazurier : « Il paraît, dit cet auteur, que les médecins trouvèrent moyen de détourner la paralysie sur un autre organe, puisqu'à l'époque de sa mort, arrivée le 28 janvier 1728, dans la quatre-vingt-douzième année de son âge il conservait un esprit très sain et une mémoire admirable. En juin 1720, le roi lui avait accordé une pension de trois cents livres sur sa cassette; et il est très probable, quoique nous n'ayons pu en avoir la certitude, qu'il eut la pension ordinaire de mille livres -, il l'avait du moins plus que doublement méritée. »

Le second mari d'Armande n'était, par conséquent, ni un homme sans mérite ni un comédien sans talent. Mais que fut cette médiocre personnalité en comparaison de Molière, et comment la Béjart, en un jour de caprice, arracha-t-elle de ses propres mains la glorieuse auréole qu'un

ARMANDE BEJART

grand homme lui avait mise au front? Insouciante du génie, elle-même signa sa déchéance, et, renonçant de son plein gré au nom illustre de Molière, elle accepta de paraître devant la postérité sous celui de la Guérin!

Imp. Jouaust.

Trop. A Salmon

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