‹ La comédie grecqueChapitre 11 sur 109 · était cuisinier comme Hugues Capet était boucher · texte numérisé non relu

était cuisinier comme Hugues Capet était boucher

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d'Asinards, de Gochonnaids cl de Marcassinards '. Telles étaient les aménités des partis dans les villes grecques : vainqueurs et vaincus, honnêtes gens (xaÂol xaYaOo',) et vilains, usaient à Tenvi des mêmes violences injurieuses de langage. La brillante et noble poésie d'Alcée prodiguait au chef populaire, Pittakos, les épithètes de pied-plat (^apàTrojç), de picd-crevassé (y s Cp 07:6 or,;), de ventru et de pansu (cp'jo-xtov xal yào-Totov), de glouton s'empiffrant en secret (^o'^ocop-'loaç) ^ : est-il étonnant que les tyrans populaires aient usé de représailles, et que le peuple n'ait pas montré plus de modération et de politesse que ses oppresseurs? C'était à qui humilierait, bafouerait, traînerait dans la boue son ennemi. Le poète mégarien, Théognis, criait : « Allons, ici, avec la flûte; buvons en riant près de cet homme qui pleure, faisons notre joie de sa tristesse. » Le peuple victorieux faisait ce que désiraient faire les nobles : il mettait sa gloire dans leurs humiliations et son bonheur dans leurs misères.

Certes la comédie attique, elle aussi, est une comédie de passion. Mais quelque injuste et violente que fût cette passion, elle avait quelque chose de généreux. Car le peuple athénien, lorsque la comédie se développa, avait derrière lui un passé glorieux où nobles et roturiers avaient rivalisé de dévouement et de patriotisme; et les comiques, qui ne l'oublient jamais, qui ne cessent d'opposer le passé au présent, pouvaient croire et croyaient que, même dans leurs plus grands excès, ils ne faisaient que poursuivre les indignes qui amoindrissaient ou profanaient ce noble

1. Hérodote, liv. V, cli. lxviu. J'emprunte les mots d'asitiards, etc., à ];i traduction de M. Bouché-Leclercq [Hist. gr., par Ern. Curtius).

2. Voir ces injures d'Alcée, adressées à Pittacos, dans Diogène Laerce, I, 81, ou bien daus les Poet.e lyrici de Bergk à Tarlicle Alckk. U\ 37"'.

héritage. La passion n'offusquait donc jamais complètement leur esprit ni ne le détournait de la claire vue de l'art, cette gloire nouvelle qui était comme le rejaillissement et la radieuse auréole de la première. Mais la comédie mégarique fut sans goût et sans esprit, parce qu'elle fut sans générosité. Atroce comme l'oppression séculaire à laquelle le peuple venait d'échapper, elle n'eut aucune mesure. Le passé n'offrait que des souvenirs d'humiliations et de misères, le présent, que des sujets de soupçons et de craintes, les nobles qui restaient dans la ville étant dans un état permanent de conspiration avec les nobles jetés en exil. La comédie ne pouvait connaître que les gaietés sarcastiques et grimaçantes de la vengeance. C'est sans doute en souvenir de cette période révolutionnaire, qui fut l'âge même de la comédie mégarique, qu'un poète de l'Anthologie écrivait longtemps après : « Fuis tous les Mégariens, car ils sont piquants et amers. » Or il n'y a pas de pire inspiration et de plus contraire à l'art que des rancunes furieuses.

La comédie de Mégare ne fut donc jamais, on doit le supposer, une œuvre d'art. Des fables peu développées et le plus souvent si minces qu'elles n'étaient pas susceptibles de l'être; quelques imaginations grotesques, des injures, des violences ou des plaisanteries excessives et par cela même grossières et sans sel, un nombre confus de personnages qui se succédaient en désordre et sans raison, ou qui, encombrant la scène et prenant fortuitement la parole pour lancer quelques lazzis, offraient moins l'image que la caricature du dialogue comique, le tout entrecoupé de chants avinés et licencieux, voilà ce que devaient être les pièces de ce théâtre : elles tombaient dans l'oubli le plus complet le lendemain de la fête où

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elles avaient amusé la malice de la populace. Aussi ne doit-on pas s'étonner qu'elles n'aient laissé aucun vestige dans rhistoirc littéraire. De quel dégoût et de quelle pitié méprisante ne devaient pas être saisis les comiques d'Athènes pour des œuvres si incultes et si éphémères, eux qui, du jour où la comédie eut reçu la consécration de l'autorité publique, aspirèrent à s'immortaliser en lui donnant l'ampleur et la perfection de l'art des Eschyle et des Sophocle ^? C'est eux sans doute qui ont fait passer en proverbe le rire de Mégare. Mais ils se montraient ingrats en cela, et, pour employer un mot de Labruyère, ils ressemblaient à ces enfants trop drus, nourris d'un bon lait et qui battent le sein de leur nourrice. Car cette comédie, dont ils étaient si amoureux et si fiers, ils en tenaient l'idée de ces Mégariens tant décriés; c'est là, du moins, ce qui paraît résulter de la légende de Susarion. Ils ne faisaient donc que perfectionner (et par ce côté, je l'avoue, ils réinventèrent) ce que d'autres avaient inventé; et il n'est pas jusqu'à cette liberté effrénée d'insulter et ces âpres satires personnelles dont ils n'aient trouvé, ce semble, l'exemple dans leurs confrères et devanciers de Mégare.

D'un autre côté (et c'est pourquoi les Mégariens sont justement donnés pour les inventeurs de la comédie), leurs essais encore rudimentaires servirent de modèle

1. Cela répond suffisamment à un argument moral de Willamowitz dont tout bon Allemand se moquerait s'il le rencontrait dans un critique français, en le qualifiant dédaigneusement de rhetorisch : Les Athéniens, si fiers de leur comédie, se reconnaître pour les successeurs de ces Mégariens pour lesquels ils ressentaient tant de mépris à la fois et tant de haine! Ils se reconnaissaient bien pour les successeurs de ces piètres comiques de leur pays, antérieurs à Magnes et à Cratinos. Il n'y avait pas plus de déshonneur pour eux à venir après les pauvres et grotesques essais de la comédie mégarique.

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aux Doriens de la Sicile. La tradition qui place les débuts d'Épicharme chez les Mégariens de l'île ne me paraît pas contestable, et tend à prouver que la comédie passa deja métropole dans la colonie, mais en changeant de caractère. Elle put rester grossière encore et excessive dans ses plaisanteries, mais elle cessa d'être agressive et politique; Taristocratie, qui était toujours maîtresse dans la Mégare sicilienne, n'eût pas toléré de pareilles licences. Nous avons dit qu'elle souffrait volontiers dans la Laconie et même à Sparte le jeu des dikélistes qui contrefaisaient les petites gens et les étrangers. C'est dans cette voie seulement ou dans celle de la parodie mythologique, que la comédie pouvait se développer dans les cités où régnait encore l'ombrageuse discipline de Taristocratie. Or la comédie mégariquedu continent, malgré ses allures militantes, avait déjà rencontré quelques-uns de ces types généraux qui pouvaient être facilement adoptés par une comédie d'humeur moins violente et moins batailleuse. A côté du filou de bas étage, du médecin étranger, de la crieuse de légumes des dikélistes, les anciens nous citent les Maisons des Mégariques ; l'un était une sorte de Scapin grossier, esclave insolent et avisé, mais avisé surtout pour le mal; l'autre, un cuisinier basané, louche et difforme, dont le crâne dénudé gardait à peine deux ou trois mèches de cheveux noirs. Ce n'était pas sans doute les seules figures stéréotypées qu'avait trouvées l'imagination burlesque de Mœson et des autres poètes de son pays. Mais, à défaut d'exemples plus nombreux, ceux-là suffisaient pour indiquer la voie : il n'était pas difficile d'en trouver de nouveaux. Les danses de caractère, par exemple, celle des gypons et des hypogypons, auraient pu en fournir au besoin. Les hypogypons à

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. J^parte imitaient les mouvements et sans doute les mœurs (les vieillards s'appuyant sur un bâton, bien avant qu'Euripide et Aristophane ^ eussent mis en scène ces personnages avec leur démarche pénible, leur voix dolente et leurs plaintes chagrines. Quant à la parodie mythologique, si aucun témoignage ne nous la montre chez les Mégariques, elle était tellement indiquée qu'on la retrouve partout chez les Grecs, là où il y eut une comédie. Que si les Mégariens de Sicile et en général les Siciliens reçurent de la Mégare du continent les premiers exemples et les premiers linéaments de la comédie, ce n^est que jus-

- tice de placer la comédie mégarique en tête du double mouvement dans lequel allait se diviser tout Tart comique des Grecs, je veux dire la comédie politique d'Aristophane et la comédie allégorico-morale d'Épicharme.

Le caractère des Doriens de la Sicile ressemblait plus au caractère des Doriens de Mégare qu'à celui des Doriens de Sparte. A voir la lutte ardente du peuple et de l'aristocratie, et les révolutions continuelles auxquelles sont sujettes les cités siciliotes, à quelque branche de la race grecque qu'appartînt le fond de leur population, on dirait que les Doriens de l'île ont pris quelque chose de l'esprit inquiet et remuant des Ioniens, et que le voisinage de ceux-ci a été pour eux ce que semble avoir été celui de l'Attique pour la Mégaride. On reconnaît à peine en eux le tempérament flegmatique et conservateur de leur race. Leur esprit semble aussi plus aiguisé et plus vif. « Les Siciliens, dit Gicéron dans la quatrième Verrine, ne sont jamais si malheureux qu'ils ne trouvent quelque saillie facétieuse et spirituelle : Nunquam lam

1. Euripide un peu partout; Aristophane notamment dans le chœur des vieillards de hysi^trate.

maie est Siculis, quin aliquici facete et commode dicant. » — C'est une race à l'esprit pénétrant et soupçonneux, ditil encore dans la Divinatio ad Cœcilium : « Est hominum genus nimis acutum et suspiciosum ». — Et dans Y Orateur : J'ai trouvé chez les Grecs beaucoup de plaisanteries pleines de sel et propres à exciter le rire, les Siciliens excellent en ce genre : « Inveni autem ridicula et salsa multa Grgecorum : nam et Siculi in eo génère... excellant ». — Les Siciliens, disait de son côté Gœlius cité par Quintilien, sont folâtres et portés à dire des bons mots (lascivi et dicaces). — Ajoutez qu'ils étaient si passionnés pour la danse que le mot siciliser (a-'.x£)viv£',v), si nous en croyons Athénée, était, chez les anciens, synonyme de danser et qu'on leur attribuait l'invention de l'orchestique. Or ces danses siciliennes étaient éminemment mimiques; et que ne dansait-on pas à Syracuse et dans les autres cités grecques de la Sicile? On dansait Diane à la tunique; on dansait l'ionien, ballet bachique (itapolvw;); on dansait Vangélic/ue ou le pas du messager en représentant avec la plus grande exactitude la démarche, les mouvements, les gestes, l'air d'un envoyé remplissant son message; on dansait même, ce qui peut paraître aussi peu intelligible qu'incroyable, l'exTruptoo-!.? xoo-ijlou ou la conflagration du monde \ Mais au lieu d'interpréter la suite du morceau d'Athénée, auquelj'emprunte ces détails et qui n'est pas sans confusion, j'aime mieux le traduire, afin qu'on puisse voir si le court commentaire que j'y

1. Ce n'était pas, selon toute vraisemblance, la conflagration finale du monde, qui tint plus tard une si large place dans la physique stoïcienne. Je ne connais plus rien qui réponde à ces niots d'exTcûpwai; xôafxo-j, si ce n'est la légende de Phaéton qui devait être très vivante dans le voisinage de l'Etna et des lieux où Phaéton foudroyé par Jupiter était tombé et était censé pleuré par ses sœurs, les Déliades.

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ajouterai est exact. « Ils avaient aussi des danses comiques (Yé^^oiai) \ rigdis, le mactrismos, l'apokinos et la sobade ou pas de la courtisane; et de plus l'apomomphasmos et la chouette et le lion, Talphiton enchysis,et le découpement des viandes, et la stoikheia et la pyrrhique. C'est au son de la flûte qu'ils dansaient le pas du commandant et la danse appelée pinakis. » En admettant qu'Athénée n'ait pas mis à tort parmi les danses sérieuses le pas de rionien et l'Angélique, il resterait encore une bizarre confusion dans le reste. Il y avait des danses qui imitaient les mouvements des animaux avec leurs cris reproduits par la voix du danseur et par la flûte, et qui s'appelaient du nom général de yoi^'fo^^i^o?; les seules de ce genre que cite Athénée sont le lion et la chouette. Toutes les autres représentaient des mœurs ou des actions humaines, et offraient un spectacle qu'il suffisait de mêler de quelques paroles pour avoir un commencement d'action dramatique avec de vrais types plaisants ou sérieux. Or, à nous en tenir à la mimique muette que formaient les .figures de ces danses et la gesticulation dont elles étaient accompagnées, nous savons combien elle était savante et expressive. Xénophon nous en offre un exemple saisissant dans le dernier chapitre de son Banquet. « On apporta, écrit-il, un siège élevé, et le Syracusain s'avançant dit : 0 hommes, voici Ariadne qui va entrer dans le thalamos qui leur est destiné, à elle et à Dionysos; puis Dionysos, qui a un peu bu chez les Dieux, entrera auprès d'elle et ils folâtreront ensemble. Alors, ornée comme une jeune mariée, Ariadne s'avança et s'assit sur le siège. Dionysos ne paraissait pas encore, mais la flûte faisait entendre le

1, Xénophon, Banquet.

rythme bachique... Ariadne aussitôt montra par sa posture le plaisir qu'elle avait à rentendre. Elle n'alla point à la rencontre (du dieu), elle ne se leva point. Mais tout son air disait qu'elle se contenait avec peine. Quand Dionysos Teut aperçue, il s'approcha en dansant et tomba à ses genoux comme saisi du plus vif amour; et l'ayant embrassée, il lui donna un baiser. Elle semblait touchée de honte et cependant elle l'embrassait à son tour d'une

façon amoureuse Quand il se fut relevé et qu'il l'eut fait

relever avec lui, on pouvait voir la contenance et les gestes (d'amants) qui se prodiguent les baisers et les caresses. C'était un ravissement que de voir Bacchus dans toute sa beauté, Ariadne dans la fleur de sa jeunesse, se témoigner leur amour non par forme de jeu, mais par de vrais baisers, bouche contre bouche. Bacchus lui demandait si elle l'aimait, elle l'en assurait avec serment, de sorte que les spectateurs auraient juré qu'il y avait réellement un amour mutuel entre le jeune garçon et la jeune fille, car ils ressemelaient non à des acteurs jouant un rôle qu'ils ont appris, mais à (des amants) brûlant de jouir du bonheur qu'ils ont depuis longtemps désiré. »

Cette mimique, qui finit par tuer à Rome l'art dramatique vers le temps d'Auguste, aurait pu faire avorter la comédie à sa naissance, si les Siciliens, en qualité de Grecs, n'avaient pas été encore plus curieux des plaisirs de l'oreille et de l'esprit que des spectacles qui frappent les yeux. Mais au moment où Tisias, Korax et Gorgias, tous les trois Siciliens, commençaient à enseigner l'art de parler, il n'y avait pas de danger qu'elle nuisît à la comédie; au contraire, elle devait l'aider à naître.

On doit conclure des détails précédents et des réflexions que j'y ai mêlées, que jamais population n'eut un goût plus

OUKjINES — COMKDIK IJOUIENM-: Tt

prononcé, ne fut plus passionnée que les Siciliens pour la contrefaçon des caractères ou des actions humaines : témoin Agathocle qui, dans l'assemblée du peuple, s'amusait à contrefaire ses adversaires comme un mimograpJie ou un éthologue, et cela, non pas au scandale, mais à la grande joie et avec l'applaudissement de ses concitoyens. Les Siciliens étaient donc merveilleusement préparés à inventer la comédie, comme le dit formellement Solin : « Hic primum inventa comœdia, hic et cavillatio mimica in scena stetit, » ou tout au moins à la recevoir de ceux qui Tavaient inventée et à la perfectionner. C'est ce qui arriva en effet dans le vi« siècle.

Nous ne savons rien d'Aristoxène de Sélinonte, qui d'ailleurs ne fut peut-être qu'un simple poète ïambique, si ce n'est qu'il est cité par Épicharme ^ Mais aucun doute ne peut s'élever au sujet de Phormis, d'Épicharme et de Dinolokhos. Phormos ou Phormis de M^nalos en Arcadie, qui avait rendu de signalés services dans la guerre à Gélon, puis à son frère Hiéron, et qui était un des plus intimes amis de ce dernier prince et le précepteur de ses enfants, est mentionné pour avoir introduit une sorte de costume ou d'uniforme au théâtre. Les anciens costumes bariolés convenaient aux fantastiques mascarades de Bacchus. Mais ils choquèrent le bon sens public, lorsque la comédie eut acquis une vie propre et indépendante. Phormis s'affranchit d'une tradition qui n'était plus qu'une mauvaise habitude et revêtit tous les acteurs d'un manteau blanc qui leur descendait jusqu'aux pieds - : ce

1. Ceux qui (font) des ïambes selon le mode ancien introduit pour la première fois par Aristoxène :

01 Toù? îa[jLêo'j<; xatTov ocp^aiov xpÔTiov

"Ov upaxo; stcayi^aaô' 'i^piorô^âvo;. . . (Aôyo; xai Aoyivva'.

2. 'E/pyicfa-uo 6s Tip^oTo; lvo'j[j.aT'. TioS-^ps'. (Suidas, article Phormis .

n'était pas encore le costume du rôle; mais c'était déjà un uniforme de théâtre qui, s'il ne favorisait pas l'illusion dramatique, ne la détruisait plus comme à plaisir par des travestissements impossibles. La scène dressée sur une table grossière, à peine décorée de simples branchages, gardait avec fidélité le souvenir de ses rustiques commencements *. Phormis voulut aussi la rendre plus digne de la majesté du Dieu dont on célébrait la fête : peut-être espérait-il, en lui donnant plus de célébrité et de pompe, obliger la foule à plus d'attention, les comédiens à plus de décence, les poètes à plus d'efforts, et il orna la scène de rideaux de pourpre. Ses pièces ont toutes des titres mythologiques. Mais les anciens ne nous en ont rien conservé; et ce qui fait aujourd'hui la principale gloire de Phormis, c'est que, au dire d'Aristote dans sa Poétique, il partage avec Épicharme l'honneur d'avoir inventé la fable ou l'action comique. On peut de plus supposer qu'il avait un certain talent d'écrivain, puisqu'on hésitait entre Épicharme et lui pour la paternité de la pièce d'Atala?ite, Nous avons moins de renseignements encore sur Dinolochos, né à Syracuse ou à Agrigente, et que l'on fait fils ou élève d'Épicharme, à moins qu'on ne préfère la tradition d'^lien, qui le dit son adversaire et son rival (àvTaywvio-TY^ç). Cinq titres de ses pièces sont venus jusqu'à nous, dont quatre — les Amazones , Télèphe, Althée, Médée — sembleraient mieux convenir à des tragédies qu'à des comédies, et dont le cinquième, KcoixwTpaycoB'la, nous explique peut-être le secret des quatre autres. Une grande partie des drames comiques des Siciliotes n'étaient, ce semble, que des parodies de sujets tragiques et fabuleux.

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