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2. Coliin traduit par Rapts. « Les Rapts, ajoute-l-il, ont joué un grand rôle dans les intrigues et les dénouements de la comédie grecque. » N'est-ce pas s'avancer beaucoup? Sur la Toi des petits mots *A Sa SixslîoLTziizoax^^ on croit qu'Épicharme rappelait les troubles et les maux de la Sicile de i96 à 488.
3. Ainsi le titre que je traduis par l'Espérance ou la Richesse devrait peut-être se traduire par Elpis ou Ploutos.
COMÉDIE SICILIENNE — ÉPICIIAUME î>0
« (Il fait) comme les devineresses perverses (lui leurrent les sottes femmes au prix d'un quinconce de cuivre ou d'une obole ou d'une demi-obole, et qui disent tout savoir. » Ailleurs, je lis ces vers tirés d'une pièce inconnue, que Ménandre n'aurait pas désavoués : « Il n'y a rien sur la terre de plus fâcheux qu'une femme : je le sais par expérience ; heureux qui l'ignore... Prendre femme, c'est un coup de dé. Si tu tombes sur une femme aux mœurs réglées et qui d'ailleurs ne soit pas déplaisante, tu seras heureux dans le mariage. Mais si tu épouses une femme qui aime à courir, à babiller, à faire de la dépense, ce n'est pas une femme que tu prends, mais une infortune bien parée, et pour toute la vie. » Plus d'un mot rapide, parmi les trop rares fragments qui nous restent de son œuvre, trahit l'observateur pénétrant et ingénieux. Épicharme savait déjà toute l'importance d'un bel habit : « Quand tu veux avoir commerce avec les autres, vas-}^ revêtu d'un habit brillant : tu paraîtras à la plupart être plein de sagesse, quand même tu n'aurais pas de cervelle. » Au bavard dont les paroles inutiles et vaines coulent comme un torrent, Épicharme crie : « Ce n'est pas que tu saches parler; mais tu es incapable de te taire »; à l'homme qui ne sait pas résister à une demande ou qui donne par prodigalité : « Non, tu n'es pas humain; c'est par maladie que tu te plais à donner. » Mais il ne se borna pas à répandre à pleines. mains dans ses drames comiques le résultat de son expérience et de ses observations. Il créa plusieurs rôles qui passèrent de la comédie sicilienne à la comédie attique, et de celleci à la comédie latine, l'Ivrogne, le Rustre et le Parasite. Je ne sais vraiment si Épicharme avait fait de l'ivrogne, <'omme le dit Éd. du Méril, un caractère d'une audace
iOO ^^ LA COMÉDIE GRECQUE
toute philosophique, qui, nonobstant Bacchus et son culte, mettait en pleine lumière les dangers et les hontes de Fivresse. La représentation dramatique de l'ivrogne, pour peu qu'elle eût quelque profondeur, serait plus triste que gaie. Je croirais volontiers qu'Épicharme a plus montré les dangers de ce vice en paroles qu'il ne l'a mis en action ^ ; et que, s'il a fait paraître des hommes ivres sur la scène, il s'en est tenu aux faits les plus superficiels et les plus frappants, et à une représentation mimique des laideurs et des drôleries de l'ivresse. De même le rustre ne devait pas être « ce lourdaud qui, en pleine civilisation, se conserve à l'état de nature et joue volontairement, par confiance en sa sagesse, le rôle d'Ésope au marché des esclaves ^ », C'était plutôt le brutal , quelque chose d'analogue au Tniculejiti s de Plante. Le seul vers qui nous reste de la pièce es, dans ce sens : « Que rapidement courent les terriblfs soufflets. » S'il est bon de rappeler que l'ivrogne et le rustre étaient des personnages d'Épicharme, parce qu'il y a là une tendance à la comédie morale, il ne faudrait pas s'exagérer Timportance de ces rôles, qui n'étaient, selon toute apparence, que des rôles et nullement des caractères. La vraie création d'Épicharme, c'est le Parasite, non cet écornifleur qui tient plus de l'animal que de l'hoinme, mais comme l'a très bien vu Éd. du Méril, le gastronome au palais délicat, qui paye son écot en joyeuse humeur et dont l'esprit ajoute à l'assaisonnement des mets et au bouquet des bons vins. C'est lui sans doute qui faisait cette leçon à quelque jeune confrère encore
1. Je citerai plus bas quelques vers qui justifient, je crois, cette manière de voir.