‹ La comédie grecqueChapitre 25 sur 109 · COMMENCEMENTS DE LA COMÉDIE AÏTIQLE · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE LA COMÉDIE AÏTIQLE

Quant aux poètes intermédiaires entre Susarion et Ghionidès, mais qu'on ne sait à quelle date placer, Évétès, Euxénidès, Myllos et Tolynos ou Tollénos, il n'est pas téméraire, nous l'avons déjà dit, de révoquer en doute leur existence et de les ranger au nombre des auteurs purement imaginaires. Ghionidès, nommé par l'auteur de la Poétique, est le plus ancien des comiques athéniens dont l'existence paraisse certaine; et Aristote avait dû lire son nom dans les actes publics parmi ceux des concurrents qui avaient disputé le prix. Seulement, il n'est guère pour nous qu'un nom propre. Gar, si Ton peut admettre qu'entre autres pièces il avait réellement fait représenter des Héros, des Perses ou Assyriens, des Mendiants, les anciens qui les mentionnent et qui en font quelques citations n'avaient déjà qu'une foi médiocre dans l'authenticité de la troisième de ces comédies S et ils auraient pu légitimement étendre le même doute aux deux autres.

Les comédies de Magnés ne subsistaient pas davantage; car l'Anonyme déclare formellement qu'il n'en restait rien ^ ; et si l'on rencontre quelques citations du Dionysos et des Lydiens, Athénée mentionne la première de ces pièces avec la rubrique : « Magnés ou celui qui a fait les comédies qui lui sont attribuées ^ » ; et nous lisons

1. Athénée, en citant les Mendiants, ne les attribue pas à Ghionidès, mais à un faussaire inconnu : o ôè xoùç elç Xiwvîô/jv àvaçepofXcvouç TtotTJaaç IItwxou; (XIV, p. 638).

2. Magnés l'Alhénien dans les concours comiques à Athènes remporta quatre fois la victoire. De ses drames il ne reste rien (xwv oà SpafjLocTwv auToO oùSsv acoî^exai). Neuf courent sous son nom [Fi\ anon. sur la comédie, III, éd. Didot).

3. MayvY)? r\ ô uoiriaaç xà; el; aOxbv àvacpepofJLÉvaç îttofxcoôt'aç èv AiovJjto Seuxépo) (XIV, p. 646). Citant ailleurs le premier Dionysos, Athénée emploie la même formule : *0 xà s'k Mà^vv^xa àvacpspdfjisva 7roir,aa; £v Aiov'ja;o Tipcoxw (IX, 367).

dans Hésychios, au sujet de la seconde, qu'elle se conservait, il est vrai, mais qu'elle avait été remaniée ou plutôt refaite par Téditeur \ Mais Magnés a eu la bonne fortune d'être loué et jusqu'à un certain point caractérisé par Aristophane dans sa parabase des Chevaliers, ce précieux morceau d'histoire littéraire. « Je n'ignorais pas, dit le grand poète, ce qui est arrivé à Magnés, quand ses cheveux commencèrent à blanchir. Quoiqu'il eût remporté de nombreuses victoires sur les chœurs de ses antagonistes, en vous faisant entendre toute espèce de voix (Tiào-aç ù'uivy cptovà; rèlç) et en mettant en scène des joueurs de luth {'\iâXkLoy), des oiseaux (TwTsp'jylÇwv), des Lydiens (Auo'lÇcov), des gallinsectes (-^rivlÇcov), et en se teignant le visage de la couleur des grenouilles (i3a7:TQ[ji£voç ^aTpay£ioi;) % il ne put se soutenir jusqu'au bout; mais, dans le mauvais âge, et non dans la jeunesse, il se vit, quand il fut vieux, rejeté dédaigneusement par vous, parce que sa verve satirique l'avait abandonné (520-525). »

Ce passage est instructif à beaucoup d'égards.

D'abord, puisque Magnés remporta de nombreuses victoires ^ sur les chœurs de ses antagonistes, 0:; 7z).£l(rTa

1. Telle est la force du mot 8taaxcuaC£ff6at dans la phrase d'Hésycliios : O'i atâ^oyzoii [xev, ôteax£uaa[j.évoi 6'statv. Photios dit la même chose et emploie le même terme qu'Hésychios, au mot AuSiaî^wv. AuSoi MàyvrjTo; ToO xwijLtxoO oi£crx£U3t(T8y)(rav. — C'est par l'explication exacte et rigoureuse de ce terme (très bien entendu d'ailleurs par Meineke, p. 31-32) que Picrron a dissipé toute cette armée de diascévastcs que l'imagination de Wolf s'était plu à placer entre les collaborateurs de Pisistrate et les éditeurs et interprètes alexandrins d'Homère (préface de V Iliade, grande édition Hachette).

2. Selon les scholies des Chevaliers (au v. ")22), les titres des pièces auxquelles Aristophane fait allusion sont Bap6tTt(7Ta\, BccTpaxot, A'joo\, "OpvtOeç, ^ryiveç. A ccs cinq comédies, Suidas et Eudocie ajoutent Diomjsos et les Titakides.

3. Onze, selon l'anonyme; deux, selon Eudocie et Suidas; ce dernier chiffre paraît trop faible, eu égard au mot 7x>.slaTa d'Aristophane. On pourrait supposer, quoiqu'on ne doive pas attribuer à un poète l'exac-

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