‹ La comédie grecqueChapitre 26 sur 109 · COMMENCEMENTS DE LA COMÉDIE ATTIQUE MO · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE LA COMÉDIE ATTIQUE MO

yopcov Ttov àvT'.7:àÂ(ov vlxr,; Itt/.ts -z^Jjt^v.vj.^ il y avait donc,

dès le temps de ce poète, ou au moins dès le temps où il donna les pièces rappelées par Aristophane, des concours publics pour la comédre, comme il y en avait pour la tragédie, à ce qu'il semble, dès le temps de Thespis. Jusqu'alors l'art comique s'était développé obscurément ou plutôt avait végété. « On connaît, dit l'auteur de la Poétique dans un texte que j'ai déjà cité, les transformations de la tragédie et leurs auteurs, mais il n'en est pas de même de la comédie, parce que, dans le principe, elle attira peu l'attention. Ce ne fut qu'assez tard que l'archonte donna le chœur aux auteurs, et d'abord ils ne dépendaient que d'eux-mêmes. » Maintenant qu'elle était traitée avec le même honneur que la tragédie, elle allait grandir rapidement, soulevée en quelque sorte et soutenue par les passions politiques, comme par les applaudissements et la faveur du public. Mais rien, ni dans le texte d'Aristote, ni dans les vers d'Aristophane cités plus haut, ne nous indique la date précise où eut lieu cet heureux changement. Aristote se contente de dire que ce n'est que tard que les poètes comiques reçurent un chœur de l'archonte *; Aristophane, qui paraît énumérer dans leur ordre de succession ceux qui avaient remporté le prix, avant qu'il se mît lui-même sur les rangs, nous apprend

titude d'un greffier, qu'Aristophane a énoncé toutes les pièces couronnées.

1. Dans son très important article sur toute une série d'inscriptions relatives aux représentations théâtrales sur le théâtre d'Athènes, Koehler conclut de ces mots qu'Aristote connaissait donc cette date précise : conclusion qui ne serait nécessaire qu'autant (ju'il serait prouvé qu'Aristote avait eu sous les yeux tous les monuments publics relatifs aux représentations. Mais les didascalies d'Aristote, premier travail de ce genre, pouvaient être incomplètes : ce que semblerait indi<[uer le fait que ce travail fut repris non pas seulement par des compilateurs ressassant ce que d'autres ont fait, mais encore par le savant Éralosthène.

quelque chose de plus : c'est que Magnés, lorsqu'il était dans la force de Tàge et du talent, brillait entre tous dans les concours comiques. Malheureusement, cette indication reste encore bien vague et bien insuffisante, parce que nous ignorons la chronologie de la vie de Magnés \ Mais l'information que nous cherchons en vain dans les auteurs, ne la trouvons-nous pas par hasard dans les débris d'une didascalie, retrouvée en 1839 par Rhangabé sur un marbre mutilé? Nous voyons par celte inscription que Magnés obtint le prix.de la comédie, Xénoclide étant chorège, dans le même concours où Eschyle remporta celui de la tragédie, ayant pour chorége Périclés de Gholarge. Or, si l'écriture dans cette inscription est celle qui prévalut dans les monuments publics après l'archontat d'Euclide en 403, le simple rapprochement des noms de Magnés et d'Eschyle suffit pour prouver qu'il s'agit ici non du Périclés qui périt dans le procès des généraux des Arginuses, ni d'un Périclés plus jeune, mais du grand Périclés. Mais, d'après les calculs et les raisonnements de

1. Bernhardy, dans la revue chronologique qui termine son premier volume, place Magnes à la même date que Chionidès, 487 (73^ ol., 2). Grysar {Dor. Com., p. 153) adopte pour Chionidès la date de Suidas 489 (72c ol., 4) et pour Magnés celle de 476-473 (76^ ol.). Meineke fait les deux poètes contemporains, en accordant à peine quelques années de plus au premier qu'au second, sous prétexte qu'Aristote les rapproche étroitement dans sa phrase sur l'antériorité d'Épicliarme, et il les place tous deux vers 460 (80c ol.). Cette date est beaucoup trop basse, comme on peut le voir par mon texte. Quant à la raison sur laquelle l'auteur se fonde pour rejeter la date donnée par Suidas pour Chionidèb, et celle proposée par Grysar pour Magnes, à bien considérer les choses, elle n'est rien moins que concluante. Même en admettant que les mots 'Eur/apfxoç tzoWm TipoTspo; (ov Xitovîûou *xat MâyvTjToç expriment non les prétentions des Mégariens, mais la pensée d'Aristote et le résultat de ses recherches, ils ne prouveraient pas que Chionidès et Maguès fussent à peu près de mêm'e âge, l'un pouvant être déjà vieux, l'autre dans sa maturité, lorsqu'ils figurèrent pour la première fois dans les didascalies consultées par le philosophe. Cette remarque suffît aussi pour renverser la chronologie de Bernhardy, qui me paraît une cote mal taillée entre celle de Grysar et celle de Meineke.

Page 1