‹ La comédie grecqueChapitre 27 sur 109 · COMMENCEMENTS DE LA COMÉDIE ATÏIQUE · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE LA COMÉDIE ATÏIQUE

Koehler % la date de la chorégie de Périelés ne peut guère tomber qu'en 468-467, lorsque Périclès, âgé de quarante ans, commença, selon Plutarque, à se mêler assidûment des affaires publiques ^; et cette date de 468-467 est vraisemblablement celle même de l'institution des concours comiques : ce qui s'accorde à merveille avec les renseignements d'Aristotc et d'Aristophane. Vers 488 paraissent les premières comédies de Ghionidès, qui les faisait représenter ou les représentait lui-même à Athènes et non plus dans quelque bourgade rurale de la banlieue. Vingt ans après, en 468, la comédie, qui avait déjà pénétré dans la ville, y recevait droit de cité avec Magnés, contemporain de Ghionidès, comme Sophocle l'est d'Eschyle, comme Euripide Test de Sophocle, et prenait enfin rang dans les jeux et spectacles donnés aux frais et sous la protection de l'État. Moins de seize ans plus tard, en 454, Gratinus, éclipsant et Ghionidès et Magnés et Ecphantidès, ses prédécesseurs ou ses aînés, la lançait dans cette voie qu'elle parcourut avec tant d'éclat et de scandale durant

1. Mittheilungen des Deutsch archxologisch Institut, t. III, p. 107.

2. Ce sont là des présomptions plus que des certitudes. Mais ces présomptions sont très plausibles. D'abord la chorégie de Périclès ne peut descendre plus bas que 458, puisque Eschyle, mort en 456, ne fit plus rien représenter à Athènes après VOrestie, qui est de 458 et après laquelle le poète se retira en Sicile. Mais ce n'est pas Périclès qui fit alors les frais du chœur; c'est Xénoclès. Maintenant, parmi les drames couronnés d'Eschyle, antérieurs à VOrestie, jusqu'en 468-467, nous ne connaissons plus que VOEdipodie (Laïus, Œdipe, les Sept devant Thèbes), qui est de 467 (78c ol., 1). On aimerait à rattacher à cette date la chorégie do Périclès. ^lal- Iieureusement, il se pourrait quelle se rapportât aune victoire d'Eschyle d'un ou deux ans antérieure ou postérieure à 468-467. Dans tous les cas, la chorégie de Périclès ne me paraît pouvoir remonter beaucoup plu* haut ni descendre beaucoup plus bas. C'est seulement un peu avant de se décider à se mêler des aiTaires publiques, ou un peu après avoir commencé à s'en mêler avec la faveur populaire, que Périclès avait besoin de munificences personnelles pour gagner le peuple et pour se l'attacher» C'est pourquoi la date de 468 me paraît bien choisie et fort probable.

le reste du v'' siècle. Rien ne me paraît mieux lié et plus probable que cette chronologie du théâtre comique.

Mise sur le même pied que la tragédie, la comédie ne fut plus représentée sur des tréteaux élevés au hasard, mais sur le théâtre public d'Athènes, et s'adressa à tout le peuple assemblé et non plus à quelques passants désœuvrés et badauds, comme nos spectacles forains. Ses représentations solennelles revinrent à des époques fixes, aux Lénéennes ou Dionysies d'hiver et aux grandes Dionysies ou aux Dionysies d'été. Au lieu d'acteurs volontaires et de rencontre qui mêlaient peut-être leurs fantaisies à la composition telle quelle du poète, elle eut des acteurs de profession qui jouaient la pièce telle que l'auteur Tavait écrite et présentée à l'archonte. Les haillons dont s'affublaient des acteurs et des choristes de hasard firent place à un costume plus décent pour des acteurs que l'État payait et que le poète instruisait (yopo8ioàa-xaAoç), pour des choristes que le chorège habillait et devait faire dresser à ses frais, sous la direction du chorodidascale ou de l'auteur du drame. Le chorège pouvait bien parfois se montrer parcimonieux, surtout pour les habillements des choristes, comme on le voit par les plaintes des poètes ; mais ces costumes délabrés, qui faisaient leur colère, auraient été du luxe pour les contemporains de Ghionidès, et ne nuisaient qu'à la popularité du chorège, sans nuire à l'œuvre des poètes; on ne voit point qu'ils aient porté préjudice au succès des Grenouilles d'Aristophane.

Ces avantages toutefois auraient été plus que compensés par la nécessité de demander un chœur à l'archonte, sans l'extrême liberté qui régnait alors à Athènes. Jusqu'alors les poètes ne relevaient que d'eux-mêmes, comme le dit Aristote; ils dépendaient maintenant et de l'archonte qui

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