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homme (Nicias) est mon ami et je le crois plein de
sagesse. »
Mais les attaques de Téléclidès contre Périclès sont la modération même au prix des fureurs d'Hermippos. ^< Roi des satyres, lui crie-t-il dans un passage mutilé et malheureusement fort obscur des Parques (Moipa».), pourquoi refuses-tu de porter la lance , toi qui tiens sur la guerre des discours si véhéments et qui nous promettais le courage héroïque d'un Télés? Va, aiguise ton poignard sur une pierre dure et jette-toi en frémissant au milieu des épées *. Tu as senti la morsure de Tardent Kléon. » Un peu avant le temps où il écrivait ces vers, Hermippos avait appelé Aspasie en jugement pour cause d'impiété, et Tavait en outre accusée de réunir des femmes libres dans sa maison pour les livrer à la luxure de son amant. C'était l'adversaire le plus fougueux de Périclès et de tout ce qui lui était cher ou attaché. En le calomniant ou en le tournant en ridicule, Hermippos s'adressait du moins à un homme puissant; il y avait à cela quelque apparence de courage. Mais ce n'est pas sans dégoût qu'on le voit traîner dans la boue la vieille mère d'Hyperbolos, qui ne pouvait mais des méfaits politiques de son fils, en l'appelant dans ses Veiideuses de pain « la prostituée de tout le monde, une truie immonde et sauvage ».
Et il n'était pas le seul, comme nous l'apprend la parabase des Nuées, qui s'acharnât sur cette pauvre femme, comme sur son fils. Il est bon de relever ces excès; car ils étaient dans l'essence et le tempérament de l'Ancienne
1; Est-ce le sens? Meineke donne une interprétaliou fort enlorlilloe. On peut en lire encore une autre dans Vllist. gr. de Curtius (t. III, p. 58 de la traduction).
Comédie, qu'on voudrait depuis Schlegel nous faire admirer comme le nec plus ultra de l'art, tandis qu'elle n'en est qu'une excroissance merveilleuse et monstrueuse tout ensemble.
Sans m'arrêter à Myrtilos et à Philonidès \ je passe à Phrynichos % que Suidas, d'accord avec le scholiaste des Grenouilles, range parmi les poètes inférieurs ^ de l'Ancienne Comédie, tandis que l'Anonyme lui donne rang parmi les plus distingués (àçiolovoS-iaToç). Mais que Suidas ou l'Anonyme ait raison, Phrynichos, dans l'état de délabrement où l'Ancienne Comédie nous est arrivée, mérite d'arrêter un moment nos regards. Ce n'est pas parce qu'il a le premier mis en scène une vieille femme ivre, ni parce qu'il s'est raillé de l'ingénieur Méton avec aussi peu d'à-propos qu'Aristophane, ni parce qu'il traite de grands singes les orateurs Lycéas, Téléas, Pisandros, Exécestidès, ou parce qu'il injurie de la sorte le musicien Lampros, dont Sophocle et Socrate reçurent les leçons :
« Les mouettes mènent le deuil, j'imagine, de leur confrère Lampros; car c'était un buveur d'eau, un fredonneur, un hypersophiste, vrai squelette des Muses, fièvre des rossignols, hymne de l'Orcus ^ »
Mais nous rencontrons dans ses fragments certains traits d'une vérité générale peu ordinaire chez les ahiés
1. Un des deux acteurs habituels des comédies d'Aristophane. 11 avait composé quelques comédies, entre autres les Cothurnes. (Voir Meineke, Hist. cr. com.)
2. Il ne faut confondre ce poète ni avec le tragique, contemporain e( aîné d'Eschyle, ni avec le stratège qui trempa dans la conspiration des Quatre cents, ni avec un acteur du même temps et du même nom que lui.
3. Je prends m/er/Vi^r dans sa signification naturelle, sans raffiner avec Meineke pour concilier Suidas et l'Anonyme.