Prol. de Com., H
« Eupolis, habile dans la diction et voulant aller de pair avec Cratinos, se montre injurieux et grossier ^ ». Mais était-il vraiment plus injurieux qu^Aristophane? ou plus grossier que Gratines? A en juger par le peu que nous pouvons entrevoir par nous-mêmes, je serais plus porté à dire avec Macrobe qu'il doit compter parmi les poètes élégants de T Ancienne Comédie.
Les personnalités abondaient dans ses pièces; cela n'a pas lieu d'étonner dans un comique. Mais il fallait qu'elles fussent bien nombreuses et d'une nature particulière dans ce poète, pour que Perse lui attribuât la colère comme caractère distinctif, « iratum Eupoliden ». On pouvait jouer et ridiculiser les personnes de deux manières, ou bien en jetant dans une comédie leur nom orné de quelque épithète peu flatteuse ou de quelque récit plus ou moins scandaleux, ou bien en les mettant elles-mêmes en scène, avec un masque représentant et caractérisant leur figure. Gratines n'a rien à envier à Eupolis sous le premier rapport, si ce n'est qu'il a peut-être plus d'élan et moins d'amertume dans l'injure. Mais je ne sais si l'on pourrait prouver qu'il ait fait figurer sur le théâtre un seul des personnages qu'il bafoue. Eupolis, au contraire, aime â traîner les gens sur la scène et à les y exposer comme à un pilori. Platon le comique est peut-être le seul qui l'ait égalé ou même surpassé dans cet excès. Eupolis dans le Maricas avait traîné dans la boue Hyperboles et sa mère ; il avait mis dans les Baptes Alcibiade * et toute