‹ La comédie grecqueChapitre 5 sur 109 · Poétique, cli. lU · texte numérisé non relu

Poétique, cli. lU

•2. Il vaudrait peut-être mieux mettre « n'étaient que des éthélontes (ou acteurs libres) », les acteurs et les auteurs se confondant dans ces sortes de pièces comiques improvisées.

3. Jusqu'ici tout ce que dit l'auteur de la Poé(i(/iœ ne peut s'appliquer (pi'à la comédie attiqnc et non à la comédie firecque en général. Y avait-il, par ex., à Syracuse, un magistrat comme l'archonte à Athènes (pii donnait un chœur à tel ou tel auteur comique : ce t|ui élait à Athènes la condition indispensable pour que sa comédie fût jouée aux frais du public? A part les cinci juges qui décidejit auxquels des concurrents doivent être décernés les prix, nous ne savons rien sur les conditions des représentations théâtrales à Svracuse.

'i. IW'L, ch. Y.

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(l'abord eu fables courtes; (iiTellc employa le luètnj Irocbaïque avant Tianibique, parce que le létraniètre trochaïque convient mieux à la danse mimique et Tiambe au dialogue dramatique ' ; et qu'enfin si les Grecs n'avaient aucun poème satirique antérieur à Homère, ils avaient à partir dTIomère son Margitès et les poèmes analogues où Ton avait employé Tiambe qui convient à ce genre et qui même l'avait lait nommer iambique ^, parce que c'est dans ce mètre qu'on s'injuriait mutuellement (iambizon^).

1. Toutes ces choses, Aristole J'ocL, ch. IV, .§ 3) ne les dit que de la tragédie, mais je* crois ;rf(u'on peni légitimement tes éteadre à toute espèce do drames.'

2. On pourrait co iclurc de ces mois dWristote que le Margitès était en vers iambiques comme les autres poèmes analogues ou satiriques; ce serait une erreur. Les quatre vers qui nous restent du Margitès sont des hexamètres. C'est d'abord le vers si vrai que cite l'auteur du Second Alcihiadc : « 11 savait beaucoup de choses, mais il les savait toutes mal », puis les deux que Clément d'Alexandrie a conservés, lesquels ne sont que le développement du premier : « Les Dieux ne l'avaient fait ni vigneron, ni laboureur, ni habile en quelque autre travail, mais il était dépourvu de toute industrie ». Le; quatrième est insignifiant. — Mais d'où venait le Margitès? Aristote, qilî voit dans Homère la source de toute la poésie grecque, ne fait aucune difficulté de le lui attribuer. Ce poème ne peut être cependant ni de l'époque ni de l'école homéri(jue; il appartiendrait plutôt par son esprit à Tépoque et à l'école d'Hésiode, et, pour l)réciser, de l'auteur des Travaux et Jours. Et ce serait sans doute le taire remonter encore trop haut. Cependant Archiloque, qui est du commencement du vii^ siècle, paraît l'avoir connu. (Bergk, Vo"t;e Igrici grœci. Ir. 153 d'Archiloque.)

3. Poèt., ch. IV, § 2. — Telle n'est pas l'idée que nous donnerait de la poésie iambique le personnage mythique d'Iambé dans Thymne liomérique à Déméter. <i Sans rire, sans goûter à la boisson et à la nourriture, (la Déesse) resta assise, se consumant du regret de sa fille à la belle ceinture, jusqu'à ce que, par des propos folâtres et à force de plaisanteries, iambé, savante dans les choses honnêtes, lui changea l'esprit et, la faisant sourire et même rire, lui inspira des sentiments de gaieté. C'est pour cela qu'Iambé fut dans la suite chère à la Déesse à cause de ses mœurs (aimables). » Que l'hymne homérique soit antérieur ou posiérieur à Archilo(iue, il est évident p)our moi que cette conception mythique d'ïambe s'est produite avant que

Archiloohum proprio labios armavil iambo.

La plaisanterie innocente a précédé la plaisanterie incisive et sarcaàtique.

et l'on aura sous les yeux tout ce qu'Aristote savait et nous apprend des origines de la comédie.

Que conclure de ces textes et de tout ce qui précède? C'est que la comédie surgit naturellement et spontanément sur tous les points de la Grèce, et qu'aucune population, aucune ville n'avait le droit de s'en arroger l'invention. Nous n'avons donc pas à nous arrêter aux étymologies plus ou moins arbitraires et peu sûres des Dorions. Si elles ne sont pas ridicules, comme celle de je ne sais quel rhéteur latin, qui faisait venir comédie de Co, ablatif de Cos, parce que Épicharme était né dans cette île, elles sont décidément fausses. Drnn, d'abord, n'appartient pas plus au dialecte dorien qu'à tout autre dialecte pour signifier faire ^ agir; et, comme l'entrevoyaient déjà ceux des anciens qui rapprochaient le terme de comédie du mot comazein, ce terme signifie le chant du banquet et non le chant du village ou chanté dans les villages, et vient de Cômos et non de Corné. Mais les prétentions des Dorions, au moins pour la comédie, ne paraissent pas avoir été dénuées de tout fondement. Il est certain que ce fut d'abord dans les populations de dialecte dorien que les éléments comiques qui existaient partout tendirent à se développer en une œuvre d'art telle quelle. Nous retrouvons la comédie à l'état rudimen taire dans le Péloponnèse, dans la Mégaride, en Sicile, dans l'Italie grecque, principalement à Tarente. Ce n'est pas à dire, il est vrai, qu'elle n'existât pas dans le même temps à Athènes ou dans TAttique. Seulement, elle n'y obtint pas grande attention et elle y végéta, tant que Tarchonte ne donna point de chœur aux auteurs comiques, et que leurs œuvres ne furent représentées que par des amateurs ou des acteurs libres et volontaires. Ce n'est donc pas sans raison,

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