‹ La comédie grecqueChapitre 51 sur 109 · Nuéesy · texte numérisé non relu

Nuéesy

d'esprit critique, il était incapable de vivre ailleurs que dans une démocratie comme celle d'Athènes, et il ne pouvait supporter la démocratie. Tout ce qui en venait, les institutions comme les hommes, lui causait un dégoût invincible, et la gaieté bouffonne de ses fantaisies, étincelantes de verve, ne doit pas nous faire illusion sur ses chagrins superbes et sur l'amertume de ses sentiments. De tous les écrivains attiques, il est avec Platon le plus antiathénien par le cœur.

Voyons un peu par le détail ce qu'était « ce citoyen plein de zèle, comme l'appelle Schlegel, dénonçant sans cesse les séducteurs du peuple, les mêmes que Thucydide peint comme si dangereux, conseillant constamment la paix au milieu de cette guerre intestine qui fit éprouver un échec irréparable à la prospérité de la Grèce, et enfin (ce dont on ne se douterait guère) ne cessant de recommander la simplicité et la sévérité des mœurs antiques » . Aristophane est un bon citoyen; c'est entendu : telle est, en effet , partout sa prétention , comme celle des autres comiques de son temps. Supposant, par exemple, que les Lacédémoniens ne réclament Égine que pour priver les Athéniens de leur poète : « Vous ne le lâcherez pas, ajoute-t-il ; car il ne vous conseillera que des choses justes. Oui, il affirme qu'il vous donnera beaucoup de leçons utiles pour votre bonheur , sans vous caresser, sans faire briller de récompense aux yeux de ses partisans, sans vous tromper par des fourberies ni par des mensonges flatteurs, mais en vous montrant les choses les meilleures. Il aura toujours de son côté le juste et l'honnête \ » Mais ce bon citoyen, en fait de leçons et de

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