‹ La comédie grecqueChapitre 54 sur 109 · Chevaliers^ v. 129 et sq · texte numérisé non relu

Chevaliers^ v. 129 et sq

ESPRIT DE LA COMÉDIE ARISTOPHANESQUE îiO

Et nos deux stratèges se mettent à la recherche de ce nouveau chef de la démocratie. Ils l'ont bientôt rencontré, débarrassé bon gré mal gré de son éventaire et de sa poêle à saucisses.

« Vois-tu, lui disent-ils en lui montrant les spectateurs, ce peuple nombreux. Tu en seras le maître souverain, et aussi des marchés, des ports, de rassemblée; tu fouleras aux pieds le Sénat; tu casseras les généraux, tu les garrotteras, tu les emprisonneras; tu mèneras des filles dans le Prytanée K »

Le vendeur d'andouilles , qui avait d'abord fait des façons, commence à prêter l'oreille. Alors s'engage ce dialogue que M. Deschanel trouve plein de verve et d'audace, mais qui me semble, à moi, justifier pleinement l'accusation de Gléon , qu'Aristophane déconsidérait la république.

« Tourne maintenant l'œil droit du côté de la Carie et l'autre vers Ghalcédoine % et dis-moi, n'es-tu pas heureux? — Parce que tu me fais loucher? — Non, mais d'avoir tout cela à administrer; car l'oracle te fait souverain. — Souverain, moi, un charcutier? — Oui, souverain pour cela même, parce que tu n'es rien que vaurien et faubourien. — Je ne suis pas digne d'une position si haute. — Et pourquoi donc, pas digne? Aurais-tu des scrupules, serais-tu d'honnête famille? — Par tous les Dieux, je suis de la canaille. — Heureux drôle! quel avantage tu as reçu de la nature pour gouverner! — Mais

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