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V Assemblée des femmes

ESPRIT DE LA COMÉDIE AUI6T0PIIANESQUE 281

VOUS alors que le communisme n'est pas chose si charmante.

Les scènes épisodiques que Schlegel serait presque tenté de blâmer s'il en avait le courage, puisqu'elles lui paraissent relativement languissantes et froides, ne peuvent sembler telles que parce qu'on ne se dégage pas assez de nos habitudes dramatiques pour apprécier la comédie aristophanesque. Mais si l'on consent, avec les anciens, à voir dans cette comédie une variété poétique du genre oratoire, une priTop'^x-^i sjjLjjieTpo;, elles reprennent toute leur valeur et elles paraissent ce qu'elles sont en effet, le complément naturel de cette comédie ,^ la conclusion à la fois et la confirmation de ce pamphlet dramatique.

Je serai bref sur le chœur, non que je méconnaisse l'importance de cette partie singulière de la dramaturgie grecque. Historiquement, il en est même le principe et comme le punctiim saliens d'où tout le reste s'est développé. Mais nous n'en pouvons suivre l'évolution et les métamorphoses dans la comédie, comme cela est, jusqu'à un certain point, possible dans la tragédie, parce qu'il nous reste trop peu de chose des devanciers d'Aristophane, Je prends donc le chœur comique tel qu'il paraît dans ce poète. Personnage collectif, il ne pouvait avoir plus de réalité et de consistance que les personnages individuels et devait être, comme eux et encore plus qu'eux, subordonné à la démonstration poursuivie par le poète, dont il exprime la pensée tout entière avec sa thèse et son antithèse. Aussi passe-t-il du oui au non, du blanc au noir, avec la plus étrange facilité. On voit quelque chose d'analogue dans le chœur tragique. Représentant de la foule, en même temps

qu'il est le porte-voix du poète, il exprime non seulement l'impression générale que celui-ci veut enfoncer dans les âmes des spectateurs, mais encore les pensées mobiles et les contradictions morales de la foule ^ Mais le chœur comique est bien plus que le chœur tragique un être de raison, une entité purement fantastique, qui n^a d'être que dans l'imagination et par la volonté de l'auteur. Il passe donc tout d'une pièce de l'idée qu'il paraît d'abord représenter à l'idée diamétralement opposée, selon les besoins de la thèse qui fait l'objet principal delà comédie. Que sont, par exemple, les Nuées? Sont-elles des vapeurs réelles? Oui, « nuées éternelles, paraissons, élevons-nous des mugissants abîmes de l'Océan ^ ». Sont-elles des vapeurs purement métaphoriques? Oui, car « c'est elles qui font vivre une foule de charlatans, et les devins envoyés à Thurii ^ et les fameux médecins... et ceux qui tournent les vers dithyrambiques, et ces hâbleurs qui jettent de la poudre aux yeux en bavardant sur les choses célestes * ». Sont-elles déesses? Sans doute. Elles sont même les seules divinités et elles régnent avec le tourbillon qui a détrôné Jupiter. Elles parlent souvent dans ce sens et semblent se donner pour les divinités de la religion, dont Socrate est le grand pontife. Mais d'où vient que, le moment d'après, elles invoquent Jupiter comme le souverain des dieux, puis Poséidon, Phœbos, Artémis, Athéna et Dionysos? C'est qu'en réalité elles ne sont rien, mais deviennent tout ce qu'il plaît au poète. Aussi, dans la première partie de la pièce, vous cfoiriez

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