‹ La comédie grecqueChapitre 71 sur 109 · Jbid., V · texte numérisé non relu

Jbid., V

^8i ^ LA COMÉDIE GRECQUE

frappons de quelque disgrâce, afin qu'il apprenne à craindre les dieux K »

Même inconséquence, ou plutôt même inconsistance dans le chœur des Acharnieiis et dans celui des Guêpes, sans qu'on puisse la justifier par une raison supérieure, comme celle que donnent les Nuées en qualité de déesses. Les Acharnions sont d'abord des partisans enragés de la guerre; ils poursuivent Amphithéos, puis Dicseopolis, en criant : « Lapide, lapide, lapide; frappe l'infâme, tous, tous, lancez, lancez ^ » Et ils passent ensuite du parti de Lamachos à celui de Dîca^opolis, du parti du bravache qui ne respire que batailles à celui du bonhomme qui ne rêve que paix et bombance. De même, le chœur des Guêpes se compose de vieillards atrabilaires, toujours prêts à juger et à condamner, criant à la trahison et à l'usurpation contre quiconque s'oppose à leur manie. Mais oubliant bientôt leurs aigres fureurs et leur passion pour le tribunal, ils envient le sort de Philocléon qui, persuadé par son fils, au lieu de s'échauffer la bile à juger, boit, chante et gambade, en défiant à la danse tous les tragiques modernes, entre autres Carcinus et sa nombreuse lignée. Cette contradiction, d'ailleurs, rentre parfaitement dans le dessein du poète pamphlétaire. Il veut rappeler le peuple de l'amour de la sophistique, de la guerre ou de la chicane au sentiment opposé. Le chœur doit donc représenter d'abord le peuple entiché de l'erreur que la comédie est destinée à détruire; puis le peuple revenu de cet engouement, grâce à la plaisante démonstration que le poète étale à ses yeux autant qu'à son esprit.

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