Acharniens^ v
maris trop belliqueux; de l'autre, un chœur de vieilles qui soutiennent bravement Lysistrate et ses complices. C'était une heureuse innovation. Le chœur prenait ainsi une personnalité plus accusée et entrait plus profondément dans l'action, puisque toute action dramatique repose sur une lutte d'idées et d'intérêts contraires K
Une autre manière de rendre la vie aux chorica, c'était de donner la parole tour à tour à tel ou tel des individus ou même à tel ou tel des petits groupes qui formaient le chœur sous les noms de Tilyoi et de Çuyà^. Ainsi, lorsque les Acharniens , en apercevant Dica3opolis , crient : « C'est lui-même, c'est lui. — Lance, lance, lance, lance. — Tous, tous, frappez l'impur. — Lanceras-tu? Ne lanceras-tu pas 3? ». il est vraisemblable que ces vers se partageaient ou entre les petits groupes secondaires ou entre les individus du chœur. Cela est certain pour la parodos des Guêpes, où les choreutes s'appellent les uns les autres et s'invitent à se rendre promptement au tribunal. « Marche, avance bravement. Comias, tu traînes les pieds; ce n'était pas jadis ainsi; tu tirais en avant comme un chien sur sa laisse \ Et maintenant Chorinade marche plus vite que toi. — Eh ! Strymodore de Conthyle, le meil-
1. Je n'affirmerais pas que l'Ancienne Comédie présentât un autre exemple de ce double chœur permanent, quoique les scholiastes donnent la règle qu'il faut suivre pour la composition de ces chœurs, celui des hommes devant toujours compter un choreute de plus que celui des femmes. Mais précisément cette règle supposant que, lorsqu'il y a deux chœurs, l'un doit être composé d'hommes et l'autre de femmes, pourrait bien avoir été formée sur l'exemple unique que Lysistrate offrait de ce fait.
2. Les choreutes faisaient leur entrée en lignes régulières de 5 (aTt/oi) sur 3 de front (î^uyâ).