Ibid., V
3. Le difficile, c'est de distinguer ce qui était dit par le coryphée, par des files de choreutes ou par des choreutes à part.
plus qu'un exemple de ces petites scènes intercalaires entre choreutes, qui jettent de la vie et de la variété dans les chorica. Ce n'est pas le chœur^ mais une des choreutes qui, dans Lysistrate, tient ce dialogue avec un des vieillards du chœur ennemi : « Ah! si tu ne m'avais pas fait tant de peine, je t'ôterais cette petite bête que tu as dans l'œil. — Ah! c'est donc là ce qui m'ennuyait tant! Tiens, voici un anneau, ôte l'insecte et montre-le-moi. Il y a assez longtemps. Dieu merci, qu'il me pique l'œil. — J'y consens, quoique tu ne sois guère aimable. Oh! quel gros moucheron! Regarde; il est assurément de Tricorise ^ — Merci bien! Il me creusait l'œil comme un puits; aussi, maintenant qu'il n'y est plus, mes larmes coulent en abondance. — Je te les essuierai, quoique tu sois bien méchant; et de plus, un baiser. — Oh! pas de baiser. — Que tu le veuilles ou non... — Maudites femmes! Sontelles assez patelines? Ah! qu'on a dit justement : « Il n'y a pas moyen de vivre avec ces coquines ni sans ces coquines - ! »
Ainsi entendus, les chorica ne sont plus cette masse confuse que présentent à première vue les manuscrits et les imprimés. En se décomposant, ils laissent percer la vie qu'ils recèlent et prennent un caractère plus dramatique. Mais, quoi que fasse le poète, quelques artifices ingénieux qu'il déploie pour les rapprocher de la réalité et de la vie, le chœur ne reste pas moins une machine encombrante dont la présence continue est peu favorable à l'action. Sans doute le chœur n'est pas déplacé dans les comédies d'Aristophane, comme il l'est dans les tragé-
1. Bourg de l'Altique très marécageux et par conséquent plein de moucherons.