lysistrate, v
dies passionnées crEuripide; car l'action telle quelle, imaginée par le poète, n'est pas du moins incompatible avec la présence de témoins. Mais il arrive un moment, dans les comédies aristophanesques, où le chœur prouve son inutilité par son mutisme, ou par les paroles indifférentes qu'il lance de temps à autre. Il n'y aurait point de chœur que l'action se déroulerait aussi bien, pour ne pas dire qu'elle marcherait mieux, dans la seconde partie des Acharniens, des Guêpes, de la Paix, des Femmes aux Fêtes de Cérès, j'oserai même ajouter des Oiseaux *. Je ne dis rien de la parabase, si intimement liée avec le chœur : il est trop évident qu^'elleest étrangère au drame. Certes, je regretterais les parabases des Acharniens, des Chevaliers, des Guêpes et des secondes Nuées pour les renseignements qu'elles contiennent sur le poète, sur ses querelles avec ses rivaux, sur le théâtre comique ; je les regretterais toutes pour la poésie et l'humour qui y débordent. J'ajoute volontiers qu'Aristophane a fait tout ce qu'on pouvait faire de ces deux éléments, le chœur et la parabase, l'un imposé par' les conditions légales de la représentation, l'autre par la tradition carnavalesque des fêtes de Bacchus. Mais il n'a pu leur ôter les vices inhérents à leur nature sous le rapport dramatique.
Oui, la comédie aristophanesque est de toutes les comédies celle qui prête le plus à la poésie; oui, elle connaît toutes les espèces de comique % et elle en a même
1. Dans la Paix, toutefois, il y a un joli chant rustique et antibelliqueux qui rentre parfaitement dans l'idée générale de la comédie, et dans les Femmes aux fêtes de Cérès, un hymne inspiré par la circonstance religieuse qui sert d'occasion au drame comique. Pour les Oiseaux, je fais exception pour le chant de l'exode ou de la scène de sortie.
2. Même le comique le plus difficile peut-être à atteindre, celui qui vient des choses et non de l'esprit et de la fantaisie du poète; mais, en général, ce comique-là ne se montre que dans la peinture des petites
qui lui sont propres, ou qui lui appartiennent, du moins, plus particulièrement qu'à toute autre. Eh bien! pourquoi ne pas la déclarer, avec Schlegel, la comédie idéale et par excellence? C'est qu'il m'est impossible de ne point considérer la comédie comme une œuvre dramatique, et que ce qui manque le plus à celle d'Aristophane, en vertu même de sa constitution, est précisément le drame ou une action vraie, parce qu'elle n'est pas impossible, se développant comme d'elle-même et ne résultant pas uniquement des vues fantastiques et de la verve endiablée du poète.
gens. Les esclaves d'Aristophane sont déjà d'une vérité frappante, comme son Strepsiade.