Hermès, art. cit., p
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est évident qu'il ne connaît pas de poètes comiques antérieurs aux Siciliens Phormis et Épicharme, ni aux Athéniens Ghionidès et Magnés. Mais qu'importe que les informations contenues dans le chapitre v ne se rapportent d'abord qu'à la comédie attique? Gela ôte-t-il rien à la précision, à la clarté de ce qui vient immédiatement après sur l'origine sicilienne et par conséquent mégarique de la fable? Gela prouve-t-il qu'Aristote considère (^omme non avenues et insensées et ne prenne pas au sérieux les revendications dramatiques des Dorions en général et des Mégariens en particulier ^? Il ignore profondément les Susarion, les Evétès, les Euxénidès, les Myllos et les Méson; s'ensuit-il que l'existence de la comédie mégarique soit à ses yeux aussi problématique que celle même de ces poètes, qu'il n'admette pas des essais tels quels de comédie, tentés par des poètes obscurs et inconnus, parce qu'ils méritaient de l'être (ignoti quia ignobiles), lesquels, auteurs et acteurs tout ensemble, jouaient, sans autre mandat que leur volonté et leur fantaisie, des farces en partie écrites, en partie improvisées? Aristote dit formellement le contraire et avec une netteté qui ne laisse point de place au doute. Il nous parle de comédies, comme de tragédies, improvisées à l'origine, d'auteurs qui ne recevaient pas de chœur de Tarchonte et qui étaient des éthélontes; et lorsqu'il écrit : « Mais depuis le temps où ce genre (la comédie) a pris
1. U n'y a de manifestement faux dans ces réclamations que les mots TioXXô} TrpoTcpoç wv Xcivt'ôou xa\ Mâyvvjxoç qui chagrinent beaucoup, je ne sais pourquoi, les éditeurs et les critiques. Sans doute Épicharme était contemporain de Ghionidès quoique peut-être plus âgé que lui, et Aristote ne l'ignorait pas. Mais Aristote ne donne pas en son nom cette assertion itoAXÔj updrepoç. Il ne fait que répéter les prétentions des Mégariens qui naturellement, pour le besoin de leur cause, exagéraient l'antérioFité d'Épicharme. Il n'y a donc rien à changer au texte.
certaines formes, on cite les poètes qui s'y sont livrés », il donne à entendre qu'outre ces poètes et avant ces poètes que Ton nomme (ol Xsyojjtsvo», aù-rj; 7tou,Tal |jLvr,jjLoveùovTa!.), il y en avait d'autres que Ton ne nomme pas. Il faut donc ou rejeter ces témoignages de la Poétique ■comme dénués d'authenticité, ou nier résolument l'autorité d'Aristote, s'il est vrai, comme prétend le démontrer Willamowitz, qu'il n'y eut point de comédie mégarique; car on ne peut admettre à la fois et la thèse de •cet érudit et les passages d'Aristote entendus dans leur sens naturel et tel qu'il se présente d'abord. Quant à lire ^ntre les lignes pour faire dire à l'auteur de la Poétique le contraire de ce qu'il dit, c'est un procédé que M. Willamowitz ne réprouve pas moins que ne doit le faire une saine et loyale critique.
Je soutiens de même qu'il faut prendre dans leur sens propre et naturel les mots que j'ai cités de VÉthique à Nicomaque, en dépit de l'anathème fulminé par Willamowitz contre ceux qui sont allés y chercher une preuve de l'existence d'un théâtre comique à Mégare. « C'est trop fort \ s'écrie-t-il dédaigneusement, que d'y trouver établi le fait qu'à Mégare les chorèges garnissaient de pourpre l'entrée de l'orchestre, comme si la signification impie d'une telle action n'éclatait pas suffisamment dans la scène splendide de VAgamemnon; comme s'il se trouvait à Mégare une trace seulement de chorégie ou de théâtre! D'un autre côté, les anciens interprètes, dont l'érudition paraît dans les riches extraits qu'en donne Aspasios, ont tout naturellement compris la chose comme il fallait, et ils y ont trouvé une rail-