‹ La comédie grecqueChapitre 84 sur 109 · Ay)^8£\ç at'Owvt KXswvc · texte numérisé non relu

Ay)^8£\ç at'Owvt KXswvc

3. C'est bien l'impression que veut donner Thucydide, qui traite par-

plus prodigue d'injures, n'est guère plus explicite que l'historien. Il n'énonce que deux faits précis •; et l'un est à l'honneur de Gléon : c'est la condamnation d'un infâme ; l'autre aurait besoin d'explication : c'est l'acte de concussion ou de vénalité, par lequel Gléon s'engageait à faire alléger le tribut de certains insulaires au prix de cinq talents (environ 27 700 fr.). Mais Gléon fut-il contraint par jugement à les rendre après les avoir reçus, ou fut-il simplement soupçonné, accusé par les chevaliers de cette vénalité, et par suite arrêté dans son vilain commerce réel ou supposé? Les termes d'Aristophane, dans leur sens le plus naturel, ne s'accordent qu'avec la première hypothèse. « J'eus l'âme ravie, fait-il dire à Dicaeopolis au début des Acharniens, quand Gléon dut recracher cinq talents ^ » Mais il est évident que la condamnation, si condamnation il y avait eu, ne se serait pas bornée à la restitution pure et simple de l'argent extorqué, mais aurait entraîné une forte amende, et peut-être pis, puisque la trahison se mêlait ici à la vénalité. G'est donc la seconde explication qui seule me paraît vraisemblable, et alors

tout Gléon en ennemi, soit que celui-ci ait été l'auteur de son exil, soit pour d'autres raisons. Remarquons toutefois que l'adversaire de Gléon ne dit nulle part que la mesure qu'il conseille serait un crime; il la présente seulement comme une faute politique. Et, d'un autre côté, l'historien qui rapporte avec tant de calme et comme chose toute naturelle l'odieux égorgement des Platéens et tant d'autres massacres, ne pouvait s'émouvoir beaucoup du décret qui devait exterminer Mitylène.

Page 1