‹ La comédie grecqueChapitre 90 sur 109 · BéXTtaTOV YjfjLtv acjxa xaupstov tticiv · texte numérisé non relu

BéXTtaTOV YjfjLtv acjxa xaupstov tticiv

*0 ®e[xiaTOxX£0'jç yàp Bàva-co; aipsxtoTepoç (83-84).

C'est donc sans raison que Cicéron dans le Brutiis reproche à Clitarque, historien qui écrivit plus d'un siècle plus tard, d'avoir inventé cette anecdote que Thucydide ignore ou néglige. Selon le scholiaste sur le vers 84, on lisait déjà dans VHélène de Sophocle :

'E[JL0\ Ôt^tOUTOV <xl]i.<x Taûpsiov TCieîv Kai (XYi Ti ttXeîouç Twvô'à'xsiv ôuaçrjjjLÎaç.

Et quelques critiques disaient que Sophocle faisait allusion à la mort de Thémistocle, mais c'est peu probable, ajoute le scholiaste. Aristophane est donc pour nous le premier qui mentionne cette tradition, laquelle est peut-être vaguement rappelée par ces mots de Thucydide (II, 138) : <( On a aussi prétendu qu'il s'empoisonna, ne croyant pas pouvoir tenir ses promesses au roi. »

COMÉDIES POLITIQUES — LES CHEVALIERS Sôfj

expédients désespérés que son imagination lui fournit. Démosthène, plus résolu et plus confiant dans les moyens naturels, se souvient fort à propos que le vin, comme la nuit, porte conseil et que le Dieu, dont les comédiens célébraient la fête en ce moment, ne lui refusera pas sans doute son assistance. Il envoie Nicias chiper une coupe de vin généreux dans l'antre de Gléon, qui, « bien repu des gâteaux confisqués qu'il a dévorés, ronfle ivre mort sur ses cuirs, le ventre en l'air ». A peine a-t-il arrosé son esprit d'une large rasade, qu'il se sent prêt à « tout semer de petites pensées, de petites sentences, de petites raisons subtiles* ». Une idée lumineuse lui vient : « 0 bon génie, s'écrie-t-il, c'est toi qui le veux, ce n'est pas moi. » S'il dérobait les oracles que Gléon tient cachés avec tant de soin? Et il envoie Nicias, qui aimerait mieux être ailleurs et faire autre chose, exécuter cette dangereuse commission.

« Nicias, revenant. Gomme il ronfle, comme il pète, le Paphlagonien! J'ai pu, sans qu'il le vît, prendre l'oracle sacré qu'il gardait avec le plus de soin. — Démosthène, 0 l'habile homme! Donne, que je lise. Allons, verse-moi à boire, dépêche-toi. Que je voie ce qu'il y a là-dedans. 0 prophéties! A boire, à boire, vite. — N. Que dit l'oracle? — /). Verse encore. — N. Est-ce dans l'oracle qu'il y a verse encore? — /). 0 Bacis! — A'. Mais qu'y a-t-il? — D, Vite, à boire! — A. Bacis a bien soif. »

Ces gamineries, si gaies à la lecture, mais qui l'étaient bien davantage à la scène par les allées et venues de Nicias tout tremblant, amènent enfin la révélation qui va faire le nœud du drame. « /). 0 misérable Paphlagonien, voilà donc pourquoi tu prenais tant de précautions depuis si

Page 1