‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 102 sur 181 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

Les précédents.

SABATHAN, à la tribune.

Princes,

Je le confesserai tout d’abord: je no monte pas sans répugnance à cette tribune. J’ai peur de la parole que j'y apporte. Et pourtant, je le jure, c'est une parole franche, loyale et dévouée. Hélas! pourquoi faut-il qu'aux temps périlleux que nous traversons, qu'aux dangers sans nombre que court la cause de l’enfer au dehors, viennent s'ajouter les ombrages et les susceptibilités du dedans.

(Vifs applaudissements sur certains bancs) SABATHAN,

Je comprends qu'il soit pénible de s'entendre dire qu'on a manqué de sagesse et de prévoyance, je sens combien il est dur à : rgueil d’être humilié par ceux-là mêmes pour qui on a toujours eu un profond dédain et un souverain mépris...

PLUSIEURS VOIX

Eravo!

(Lucifer est rouge de colère. }

SABATHAN.

Je comprends tout cela, et je compatis plus que je ne le puis dire à l’humiliation de eortaine inuividualité

PLUSIEURS Y%OIX.

Très-bien ! Très-bien !

SABATHAN.

Et cependant, tout en compatissant, je demeure convaincu de l’urgence de dire enfin librement et sans réti-

Le J'esp suns

passi

les M

Vo précé social

prote:

cence, Ce qu'est aujourd'hui la véritable situation de 1

it cuuse sacrée que nous sorvons tous.

(\pplaudissements chaleureux, ) SABATHAN.

Je pas sans Ceux-là seuls ont intérêt à voiler la Vérité, qui tiennent parole que plus compte de leur personnalité que de l'inté le franche, aux temps ans nombre Très-bien ! Très-bien !

nt s'ajouter

rêt commun.

PLUSIEURS vorx.

SABATHAN.,

Les choses que j'ai à communiquer blesseront peut-être ; j'espère cependant qu'on aura le courage de les entendre, sans m'intorrompre. Jo ne parle point pour soulever les passions ; mais pour servir des intérêts au-dessus de

toutes les mesquineries.

e dire qu'on , combien il nêmes pour PLUSIEURS voix.

n souverain : | ; | Parle ! Parle ! Ne crains rien! Dis tout!

SABATHAN.

Vous l’avez appris des éloquents orateurs qui m'ont précédé, il n’y a rien à espérer, ni de la politique, ni du socialisme, ni du libéralisme, ni des races germaniques ou protestantes. Peut-on espérer davantage des rois ? Telle

est, n'est-ce pas la question sur laquelle vous voulez que je ne le naître mon sentiment ?

Con Tous.

Oui !

SABATHAN.

Lesrois ! il n’y ena plus!

»meure Con

+ “iii (Sensatiou marquée ) et sans reur

SABATHAN.

Les sociétés sont décapitées !

(Profonde sensation.)

SABATHAN.

Et cependant, des rois, il en faut. Il en faut à Dieu: il lui faut des rois qui soient ses ministres pour le bien. Il en faut à l'enfer: à lui faut des rois qui soient ses ministres pour le mal! Eh bien! l'enfer n’a plys de rois! Toutes les têtes couronnées de l’Europe ne sont rien, ne peuvent rien pour notre cause! ïlles sont les victimes äu socialisme, du communisme et du libéralisme.

PLUSIEURS VOIx.

Très-bien !

NABATHAN,

Autrefois, il y avait des rois et nous étions puissants, Nous n'agissions pas comme aujourd’hui que sur des sociétés décrépies et expirantes.......….

(Profonde sensation.)

SABATHAN:

Nous avons cru triompher en sapant l’autorité; nous nous étions trompés cruellement ....

(Vive émotion.) SABATHAN.

L'autorité est la vie du bien: elle est aussi la vie du mal. Siisss LUCIFER,

Les bons vois nous étaient ennemis: voilà pourquoi nous avons dû renverser l'autorité,

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Q Con loin dan:

SOUS du ]

aut à Dieu:

le bien. Il ient ses milys de rois!

ont rien, ne victimes du

ns puissants, que sur des

torité; nous

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OulqUOi nous

SABATHAN.

Les mauvais rois nous étaient amis: voilà pourquoi il importait de maintenir leur autorité.

PLusiEurs vorx.

Bravo!

SABATHAN.

KRenverser les bons rois et maintenir les mauvais était chose facile...

Luctrer.

Comment ?

SABATHAN.

Au lieu de proclamer la souveraineté du peuple, il fallait prêcher le césarisme. La souveraineté du peuple est la négation de l'autorité ; le césarisme est l'affirmation de autorité absolue, despotique, si vous voulez, mais c'est ‘autorité concentréa Aans la main d’un seul ; C’est l’autorité orgueilleuse, ne reconnaissant ni Dieu, ni l'Eglise, ni les droits imprescriptibles des peuples ; c’est donc l'autorl'é perverse par excellence... ..…..

st put

Bravo !

SABATHAN,

Qui nous rendra nos rois ? Qui uous rendra nos ( 'ésars ? Comme tout allait bien sous eux. Sans remonter trop loin, Henri VIII était un roi, un César ; il concentrait dans ses muins toute l'autorité ; il courbait son peuple sous lo joug d’une volonté de fer. Eh bien ! Il fut le père du protestantisme !

PLUSIEURS Voix.

Parfait ! Parfait !

SABATHAN.

Louis XIV fut un César. L'Etat, disait-il, c’est mor. Et la France, qui ne connaissait pas encore la souveraineté du peuple, répétait : L’Ætat, c'est Louis le Grand. Un jour, le même monarque déciara qu'il était l'Eglise, et le gallicanisme révéeut de cette parole.

Demandez pareils résultats au communisme, au peuple souverain, et vous verrez quoi ? Une révolution, un cataclysme,un bouleversement, mais rien de solide, de dura ble, rien qui s'établisse, pour ainsi dire, sans bruit, sans

secousse violente.

LuciFERr.

Le Césarisme mène aussi à la révolution.

SABATHAN.

Je le sais bien. Toutefo:s il le fait c’està la longue. Tan. dis que le communisme, le souveraineté du peuple le fait directement et d’une manière spontanée.

(Vifs applaudissements ).

SABATITAN.

Le césarisme détruit à la longue ; mais avant il élève.

Le siècle de Louis XIV fut un siècle de splendeur, j'en puis dire autant de celui de Henri VIII. Les mal heurs du césarisme de Louis XIV ne se sont fuit sentir que dans les rñgnes qui suivirent.

En sorte que pour le plus grand nombre des esprits, ls règne de Louis le Grand à été un régne béni

BABEz.

De là vient que plusieurs pardonnent si volontiers à Louis XIV d'avoir été si absolu.

DABATHAN.

Encore une fois, qui nous rendra nos rois? Maisilu)

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c'est

c'est mor.

Duveraineté id. Un jour,

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», au peuple on, un Catade dura ble, bruit, sans

longue. Taneuple le fait

nt il élève.

e splendeur, I. Les nul it fait sentir

les esprits, LS

volontiers à

en a plus. Ceux qui règnent aujourd'hui sont des simulacres : la souveraineté du peuple, le libéralisme, le socialisme le voulant ainsi, non-seu‘ement contre l'intérêt de Dieu, mais aussi et surtout contre l'intérêt de l’enfer.

(Longs applaudissements.) Baar, bas à Babel. En voilà un, au moins, qui ne plagie pas.

En effet, je ne me rappelle pas avoir jamais lu ni entendu ce qu’il dit.

SABATIAN.

Je dis qu’il n’y a plus de rois. Je me trompe. Ilyen a deux, et ce pour notre éternel châtiment,

(Forte émotion.)

SABATIAN,

Oui, princes, et ici je réclame tout votre attention, il ÿ 1 deux rois en Europe. L'un est prisonnior ; l’autre, exilé. L'un est un vieillard ..uguste, vénérable ; l’autre un homme mûr ot lort,; l’un à pour lui les paroles de la vie éternelle ; l'autre a our lui les desseins de l’éternelle Providence...

(L'émotion grandit.)

L'un est le Vicaire Infaillible du Christ ; l’autre est le lieutenant du Christ visible.

(L'émotion est à son comble, ) SABATIHAN,

(est le libéralisme qui a fait lo premier prisonnier; c'est le libéralisme qui a exilé le se -ond...….. un

Vive le libéralisme !

SABATHAN, sans 8'émouvoir.

C’est le libéralisme qui délivrera le premier! C'est le libéralisme qui rendra le second à son pays et à son trône!

LuctreR et quelques autres.

Par exemple!

SABATHAN,

Le libéralisme et tout ce qui en découle, on vous l'a prouvé il y à un instant, Le libéralisme a tout perverti, tout ruiné en Europe. Ses promesses les plus magnifiques, ses engagements les plus solennels, il ne les à pas tenus. Par. tout où il s’est implanté, il a évoqué des ruines! Tout ce qui s’est confié en lui, a péri ou va périr bientôt. Lui seul est la cause de la perturbation générale et du malaise profond qui travaillent l'Europe et le monde. Tout autant de vérités devenues évidentes, plus évidentes que la lumière du soleil !

BELPHÉGOR

Les bons le disent tout haut et les méchants se l’avouent tout bas.

SABATHAN.

Or,il y a encore du bon sens en Europe. Malgré la dépravation profonde, on n’y a pas tout à fait perdu l'instinct de sa propre conservation.

Dans leur égarement, dans leur fièvre même délirante. les peuples européens ne laissent pas de vouloir vivre.

Instruits à la luour des sinistres de ces dernières années; instruits plus encore par les malheurs qui vont suivre, les peuples, fatigués de mourir, vont chercher la vie, la véritable vie. Et comme l'expérience leur auri prouvé que la vie ne se trouve point dans les erreurs, où les principes modernes, ils la chercheront ailleurs.

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| C'est Île son trône !

n vous l'a rverti, tout ifiques, ses tenus. Par- 33! Tout ce jt. Lui seul du malaise Tout autant s que la lu

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Malgré la perdu l'ins-

ne délirante, ouloir vivre es dernières urs qui vont chercher li ce leur auri es erreurs, OÙ leurs.

(Mouvements convulsifs sur plusieurs bancs.)

Baar, bas à Babel.

Comme tout cela concorde bien avec les appréhensions secrètes de Lucifer ! Qu'il doit être mal à l'aise de voir ainsi ses craintes partagées par la plupart d’entre nous.

SABATHAN.

Ils interrogeront les siècles, ils remonteront les âges afin de retrouver la source féconde d’où découlent le bonheur et la prospérité des nations; et ils trouveront que cette source mystérieuse et intarissable est l'Eglise catholique, apostolique et romaine.

(Grande sensation.)

SABATYHAN.

Oui! les peuples viendront à l'Eglise, à ses dogmes, à ses lois, à ses doctrines, à ses enseignements, à sa morale,

à son autorité, à son Pontife infaillible! Les nations comprendront que le salut ne leur viendra que par la Papauté, et elles voleront au secours de l'Eglise! etellesrétabliront le Souverain-Pontife sur son trône !

(Sensation croissante )

SABATHAN.

Les peuples se souviendront aussi que, Dieu le voulant ainsi, c'est toujours l’homme qui sauve l'homme ! Que pour triompher du sourd malaise qui les travaille, les sociétés européennes ont besoin d’un homme qui soit l'homme des peuples; c’est-à-dire l’homme de la foi, de la charité et de l'espérance chrétiennes; l’homme de !« justice, de l'honneur et de l'équité ; l’homme de la concorde, de la paix et de l’ordre, l'homme de la Providence enfin !

(Mouvements sur certains bancs.)

SABATTHAN.

Les peuples sentiront le besoin d’avoir un homme, ct regardant autour d’eux, il n’en découvriront aucun dans la foule de ceux qui se pressent «u sein des gouverne. ments.

(La figure de Lucifer prend une teinte plus riante).

SABATHAN.

… Non, l’homme des peuples, l’homme du salut ne «e trouve pas dans la multitude de ceux qui se présentent et qui se disent les sauveurs des peuples. Les rois, les mi: nistres, les politiques d'aujourd'hui sont ou liléraux, ou socialistes, ou impies, ou catholiques modérés, ou rien. Les peuples le savent bien, aussi n’espèrent-ils rien de leur gouvernants et magistères actuels.

(La figure de Lucifer semble s’assombrir.) SABATHAN.

Les peuples attendent une germination nouvelle. Il l’attendent, mais elle est déjà préparée! Elle est à leur

en]

porte! Elle n'attend, pour couvrir de son ombre

rieuse et bienfaisante les champs européens, que d'être |

transplantée dans la terre qui lui est propre ! (Emotion très-vive.) SABATHAN.

Tu seras transplanté, fils de Louis ! Ton exil cessera! Tu retrouveras la France de Charlemagne ! Le peuple qui t'a chassé, te rappelera ! Ilest las de souffrir, las de mourir, et il veut vivre et jouir ! Tu lui rendras la vie, en lui rendant ses rois chrétiens ! Tu lui rendras la paix, en lui apportant les principes catholiques. Tu lui rendras l'ancienne prospérité et l’ancienne splendeur, en lui fesant reprendre son noble et glorieux rôle de fille ainée de l'Eglise !

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en lui fesani Glle ainée de

Tous.

Malédiction !

SABATHAN.,

Malédiction ! Hélas ! Nos anathèmes retombent sur uous et sur nos œuvres !

Le Comte de Chambord aime l'Eglise plus que la vie, il aime la justice par dessus tout ; il est avant tout chrétien et catholique, voilà pourquoi Dieu l’a choisi et élu ! Voilà pourquoi l1 France l'attend ?

Tous.

Malédiction !

SABATHAN.

Ienri V est l’homme de Ia France, l’homme de l’Europ2, l’homme des Sociétés, l’homme de l'Eglise, l'homme de la Providence !

Tous.

Malédiction !

SABATIHAN.

Henri V ce n’est pas le libéralisme, ce n'est pas le gallicanisme, ce n’est pas le césarisme, c'est la royauté, c'est l'uitramontanisme, c'est le fils dévoué et filèle de l'Eglise !

Tous.

Malédiction !

SABATHAN.

Hen-i V c'est la race de St. Louis épurée de toute alliance délétère apportée par les siècles.

Ses veines portent tout le sang de Charlemagne, de St. Louis et beaucoup de celui de Louis XVI. Vous ne trouverez en lui rien de Louis XIV, si ce n’est ce que ce dernier monarque à pu conserver du germe chrétien,

Tous.

Maulédiction !

SABATIAN.

L'Europe attend la France! La France attend un | homme! Cet homme attend Dieu! Or, Dieu vient; les malheurs qui se suivent, les châtiments qui se succèdent c’est Dieu qui vient. Dieu vient, mais il ne vient pas seul, Il a un homme. Cet homme, la France le recevra, s'atta. chera à ses pas et l'Europe le suivra dans la voie qui mène à l'Eglise et par l’Eglise au salut temporel et éternel !

Tous.

Mulédiction !

SABATHAN.

Eh bien, moi aussi; je dirai Malédiction ! Malédictionà l'Eglise! Malédiction à Henri V ! €

Muis ces malédictions sont impuissantes! L'enfer est raincu! Le Christ l'emporte !

(Soudain une secousse violente ébranle le ?’ndæmontum, et une voix plus retentissante que la foudre prononce lentement et distinctement la strophe suivante:

‘ Béni soit celui qui vient au nom du Christ Jésus.’ ? Au nom de Jésus, les démons terriiés fléchissent le genou et s’abi-

ment en un morne et lugubre silence de plusieurs minutes. Pi SABATHAN, cherchant à maîtriser son émotion. Ÿ.

C’est la voix de l’Archange St. Michel, notre redoutable] "91 adversaire... Henri V est né le jour où l'Eglise honore 9°: ce prince de la cour céleste... Henri V aura son heure J°

is Cette heure sera le triomphe du bien... Maléfÿ Paro

diction.

(Sabathan laisse la tribune.)

Tocvs.

Anathème ! Anathème !

LA COMÉDIE INFZRNALE. 437

(L'agitation des esprits ténèbreux est à son comblé Il faut renoncer à la décrire...... D'ailleurs toute l'attention de l’ Illuminé se porte en ce moment sur le colloque établi entre Baal et Carreau ; malheureusement, il n’en peut saisir que les paroles suivantes :)

CARREAU

e attend un Compris ! Compris | ‘u vient; les

se succèdent ient pas seul.

ecevra, #'attavoie qui mène CARREAU, , éternel !

BaaL,

Allons, va !

Fais-moi apppeler.

BaAL, après avoir repris 80n siège. :

Carrreau à la tribune !

Tous.

Maulédictionà | Carreau à la tribune!

| L'enfer est | SCENE XVIII.

, et une voix plus t distinctement la Les précédents.

Ki : CARREAU, à la tribune, le genou et s abiminutes. Princes, émotion. Vous n’attendez pas de moi un discours savant, encore

tre redoutable moins prophétique comme ceux que vous venez d’enten-

l'Eglise honore dre : je no suis point orateur.

ura son heure. Jo veux seulement jeter, au soin de nos querelles, une

bn ag l parole de conciliation et, au milieu de nos inquiétudes, Ds une parole d'espérance.

PLUSIEURS Voix,

Bravo ! Brayo!

C'ARREAU.

Nois subissons, en ce moment, l'influence du malaise général. Fruppés du spectacle des maux sans nombre qui assiègent l'humanité, nous nous laissons peut-être tro facilement accabler et décourager.

L'Eurove, il est vrai, semble être à une époque de déc: sive transition ; mais qui nous dit que la transformatio

qui l'attend ne sera pas à notre profit ?

PLUSIEURS VoIx.

Très-bien ! Très-bien !

CARREAT.

Sans doute le liLéralisme et tout ce qui en sort, est con vaincu d’impuissance; et des peuples, fatigués de leurs misères ot voyant que tout leur manque, lèvent la tête et portent les regards vers Dieu. Sans doute, les sociétés cherchent, appellent, demandent un homme ! Sans doute, l'Eglise apparait présentement comme la seule puissance capable «le sauver et de régénérer les nations. Mais,les gé nérations actuelles sont chétives et malades. Auront-elle le courage de se régénérer ? C’est douteux. À moins d'une grâce spéciule, j'ai presque dit miraculeuse, elles ne pour ront jamais revenir franchement au bien, à la paix età l’ordre. Et cette grâce, il leur faudra la mériter ou, at moins, la demander ; la4 mériter ou la demander comme

gociétés, PLUSIEURS VOIX.

Très bien ! !

Très-bien !

BaaL,, bas à Ba

Ce qu'il dit là est très-juste.

CARREAU

Or, malgré les désastres, les perturbations, lés ébranl ? o )

J tent à pr

du malaise ns nombre

‘ut-être (ro

que de déci

naformation

sort, est con sués de leurs ent la tête el , les sociétés | Sans doute, ule puissance Muis,les gi Auront-elles moins d'une elles ne pour à la paix età nériter Où, ll

under comme

l'an lo

LA COMÉDIE INFERNALPE, 439

lements, malgré tout aucune nation européenne n n

rien fuit pour mérite., aucune n’a encore prié Baar..

Très-bien !

CARREAU

La France, a-ton dit, avec une grande vérité,attend un homme : cet homme est même prêt, c’est l'homme du salut. Mais cet homme, c'est Dieu qui le donne, et il le donnera quand Ia France le lui demandera. Dieu, vous le savez tous, feint toujours d'ignorer les besoins de ceux qui ne

savent ou ne veulent pas prier.

DABATIIAN.

Soit! Mais si l'Europe n° revivnt pas à l'Eglise, tout est perdu.

CARREAU, Je n’y contreilis pas. En attendant j'ose espérer qu’en tentant de nouveaux eflorts, nous parviendrons peut-être à produire en faveur du libéralisme une heureuse réaction, et cette espérance, toute douteuse qu’elle est, suffit pour m'engager à ne pas déposer les armes. Je suis certain qu'en cessant d'agir, les choses n’en iront que plus mal et contre notre gré.

(Applaudissements.) C'ARREAU.

D'ailleurs, qu'on le sache bien, je parle surtout le nos

uffuires du C'anada.

SABATIAN,

Vous avez tous reconnu, tout à l'heure, que c'était l’Europe qui donnait en Amérique, l'impulsion aux principes idées.

et Aux

C'ARREAU

Et, pour ma part, je n ai pas encore changé d'opinion Comme, en même temps, je n’ai pas cessé de croire qi vous feriez, de votre côté, tout ce qui serait en votre pou voir pour triompher, je ne puis ne pus espérer Un peu quelque chance de succès pour la cause canadienne.

Tous.

Très-bien !

Si après quelque mois de luttes couragouses, l'Europe nous échappe et que le Canada reste inagcessiblo à notre entreprise, oh ! alors, je veux bien que nous changions de politique et qu’au besoin, nous opérions ici telle transfor mation jugée nécessuire.

(Applaudissements.)

CARREAU

Voilà, illustres princes, le parti qui me semble le plus sage. Si quelqu'un pense autrement, qu'il prenne Ia parole et nous expose ses vues. La question une fois bien élucidée, il sera facile d'arrêter un plan de conduite sage et profitable.

(Carreau descend au milieu des applaudissements presque unanimes.) PLUSIEURS VOIX.

Baal! Baal!

Baal! Baal! Baal!

LuciFER.

Allons, cher et bien aimé Baal, fais tomber au sein de notre honorable assemblé, quelques-unes de ‘ces paroles

viei voui mor

cette

é d opinioi croire qui A voire pou

peu

lienne.

M til

ses, l’Europe gible à notre changions de elle transior

mble le plus renne Îà pa une fois bien ‘onduite sage

que unanimes.)

er au sein de ‘ces paroles

LA COMÉDIR INFERNALE. 441

vivons ot Iortes Ch cellen dont tu possèdes si bien le

secret

(\pplaudissements chaleurous pentdiant lesquels Babel trouve moyen de

dire à Hmal: Va, et Quue ton rôle de conciliateur, en attendant que

uous Ccunsomnilons uote trahison. Baal se dirige vers la tribune;

\ peine y est-il lv | les tonnerres d’applaudissements le

saluent.)

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