SCENE IX
Les mêmes.—Axaphat à la tribune.
Je suis le père du système du droit divin.
Je vous étonne et vous croyez peut-être qu’un tel système est au service du bien. Erreur! Mon système repose sur une doctrine vraie et fausse à la fois. Vraie, puisqu'elle reconnait que tout pouvoir vient de Dieu; fausse, puisqu'elle prétend que tout pouvoir, venant directement et exclusivement de Dieu, n’est responsable de ses actes qu'à Dieu, et qu'il ne peut jamais être dépouillé de son droit et de son autorité.
Comme vous pouvez en juger, le triomphe de ce principe permet au pouvoir public de se livrer impunément à l’injustice et à tous les excès de la force brutale ; il permet à l'Etat de courber les peuples sous un joug de fer, de torturer les populations et de faire peser sur eiles tous les maux. Par là, il aigrit les peuples, les porte à maudire l'ordre social, l'autorité civile et appelle les révolutions et les crimes innombrables qu’elles trainent à leur suite.
Ce système prévalut én Europe, où il a seduit bien des âmes, et je le crois encore capable de plus grandes corruptions.
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théose d’un système, mais, au contraire, pour vous l’exposer, je vous laisse le soin de le juger.
(Applaudissements chaleureux.)