‹ La comédie infernale ou Conjuration libérale aux enfers [microforme]Chapitre 56 sur 181 · SCENE IV. ; Les précédents, BAALBERITH et PERRIER · texte numérisé non relu

SCENE IV. ; Les précédents, BAALBERITH et PERRIER

BAALBERITH, tirant de ses habits un pamphlet et le - jetant avec fureur sur une table eu face de Lucifer.

Malédiction !

LucIFER, prenant le pamphlet et lisant avec un étonnement croissant,

LA CoMépDiE INFERNALE OU CONJURATION LIBÉRALE AUX ENFERS PAR UN ILLUMINÉ. Qu'est-ce que cela ?

BAALBÉRITH, Malédiction !

LuciFER, avec impatience.

Malédiction! Malédict:on! T’expliqueras-tu? Mall} tion? Comme si c'était une nouvelle! Il y a une éternitt que nous sommes maudits et nous le serons éternellement,

Voyons, parle! Qu’y a-t-il ?

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BAALBERITH.

Ce maudit pamphlet dévoile tous nos projets... Nos délibérations du 1er Décembre 1870 et du 2 Août 1871 sont textuellement rapportées dans cette Comédie... Ce livre est devant le public canadien... Sans un effort prodigieux nous sommes perdus en Canada...

LuciFER.

Connaissez-vous l’auteur ?

BAALBÉRITH.

Non!

LUCIFER

Quelle.sensation produit cette œuvre ?

BAALBÉRITH, Une sensation terrible...

LuciFrer.

Qu'en pense Carreau ?

BAALBÉRITH,

°ien de bon. Et il me dépêche vers toi, illustre mo- . que, afin de savoir ce qu’il convient de faire. Faut-il crier au scandale? faut-il essayer une justification des curés perpétuels, du Code des curés, des gallicans, des libéraux ? Car tout ce que nous avons dit là-dessus est fidèlement révélé dans la Comédie ; ainsi que l'exposition de toutes nos erreurs et de toutes nos ruses de guerre.

LucIrFER.

Il est difficile de crior au scandale. Cette ruse trop vulgaire ne tromperait pas même les imbéciles : un homme tant soit peu sensé sait, à n’en pas douter une seconde, que divulguer l'enfer ne peut en aucune façon être une chose

scandaleuse, Il n’y a qu'une seule ressource, justifier les curés perpétuels et compagnie; crois-tu la chose possible ?

C'est rude besogne. L'auteur promet, d'ailleurs, d'apporter des preuves.

LucIFER.

Quelles preuves ?

BAALBÉRITH.

Il sc dit en possession de tous les documents relatifs aux difficultés de l'Eglise de Montréal, et il paraît connaître à fond toute l'affaire du programme catholique.

LuUCIFER.

Cependant, dans nos délibérations de 1870 et de 1871, il s'est dit des choses qui n'ont jamais été écrites; des parti cularités connues de quelques personnes seulement, On pourrait nier ces dernières. De plus, quelques-uns d’entre nous ont pu être trompés et avancer des faussetés que l’auteur aura rapportées, puisqu'il rapporte tout. Si on pouvait nier un seul fait, même un fait secondaire, co serait une fortune.

BAALBÉRITH.

Nous avons eu cette idée. Cependant, dans la réunion que nous avons ou immédiatement après l'apparition de la Comédie Infernale, nous avons constaté l'exactitude entière de tous les avancés de cette œuvre. Deux faits seulement courent la chance d'être contestés avec une apparence de raison, encore faudra-t-il que les personnes qui peuvent les affirmer, consentent à garder le silence, ce qui n’est pas probable : car en même temps qu’elles ont un caractère sacré, elles sont très dévouées aux doctrines romaines.

LuCIFER.

Quels sont ces deux faits ?

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BAALBERITH.

Que les curés perpétuels aient voulu acheter l’Evêque de Montréal, et que M. Cazeau ait écrit à l'Evêque de St. Hyacinthe dans le sens que le veut Belzébuth.

LuCIFER.

Ces faits sont insignifiants ; cependant démentez-les, si vous espérez réussir à imposer silence à ceux qui peuvent les certifier.

BaAAL.

Je me permets de différer d'opinion. Quand bien même l’auteur ne pourrait opposer les attestations de ses témoins aux dénégations des intéressés, serez-vous plus avancés |

Sera-t-il moins vrai que les curés perpétuels luttent contre l'autorité épiscopale ou encore, oserez-vous effacer la lettre de l'Evêque de St. Hyacinthe sur le programme ?

LUCIFER

Certainement non! Mais le public dira : tout n’est pas vrai dans la Comédie.

BAAL

Le public dira cela, c'est vrai, mais il ajoutera, tout ce qui n’a pas été démenti est juste et exact. Vous aurez donc servi la cause de la Comédie par votre dénégation de deux faits d’ailleurs peu importants. De plus, soyez certains que l’auteur, si on touche à la véracité de son œuvre, saura bien, un jour ou l’autre, la justifier d’une manière éclatante.

LtuCIFER.

Tu peux avoir raison, Baal. En tout cas, nous allons délibérer. Fûme-Bouche est arrivé hier de Rome. Il connait la question des‘ curés perpétuels ”’ à fond ; etsaura bien nous dire ce que l’on peut et doit faire pour le salut

des ‘“ inculpés.”” Perrier, appelle-le ici ainsi que Belias, Olivor et Axaphat.

(Perrier salut et sort.)

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