‹ La comédie italienneChapitre 2 sur 4 · TT I · texte numérisé non relu

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limite de son traité, il licenciait la moitié de son arnue et il régnait à bon marché. Alors, du haut de son trône, comme du haut d’un piédestal, il planait sur toute l'Italie comme le tentateur glorieux et comme l'agent provocateur de la liberté. Sans remuer un soldat, sans violer une virgule du traité de Villafranca, rien que par la contagion de son libéralisme, il forçait le roi de Naples, que dis-je ! le pape lui-mônie à donner un jour ou l'autre une constitution à leurs États. Le traité de Villafranca avait retiré à l’Autriche le droit d’intervenir en Italie, et par conséquent il laissait partout le souverain et le peuple en tète-à-tôte. 11 fallait donc de toute nécessité que le souverain donnât la liberté à son peuple, ou qu’il disparût dans une tempête. C’était une solution : pouvaitelle réussir ? Oui, à la condition d’un double miracle : la patience de l'Italie et le désintéressement du Piémont.

Ou bien encore, le cabinet de Turin faisait alliance, sous main, avec la révolution et la lançait ensuite sur le pape, sur le roi de Naples, sans en accepter toutefois la solidarité autrement que sous bénéfice d’inventaire. C’est cette politique que Victor-Emmannuel a choisie. Ou en connaît le résultat. Garibaldi a débarqué en Sicile, et le roi de Piémont a mis la main sur la couronne de Naples.

Que faisait pendant ce temps-là le gouvernement français? 11 envoyait une llottc à Gaëtc pour protéger la retraite de la dynastie napolitaine, et aussi, je crois bien, pour protester d'avance contre l’annexion du sud au nord de l'Italie. 11 n'avait pas voulu étouiïer, en quelque sorte au berceau, sur le champ fle bataille de Solferino, la constitution d'une monarchie universelle de la péninsule, pour la laisser renaître, d’un coup de

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