‹ La comédie libre-échangisteChapitre 18 sur 38 · RMÉE DU LIBRE-ÉCHANGE · texte numérisé non relu

RMÉE DU LIBRE-ÉCHANGE

•ces de la richesse. — Le parasitisme des interi commerçant est fatalement libre-échangiste. — prix de vente. — La fraude et la camelote. — îxportation. — Les véritables causes du mouved après 1860. — Le progrès scientifique et le 'cnir de Texportation. — Le négociant-commis- §lément étranger dans la Commission. -> La diftÊtmmm ■wiinrciale. -— Les deux marchés. — Quelle est Timportance réelle du marché intérieur. — Un choix qui s'impose. — L'utilisation des capitaux sans emploi. — Une tâche considérable. — Les intermédiaires nécessaires. — La protection du consommateur. — Ce qui reste à faire.

Ce n'est pas le boulanger, ce n'est pas le boucher, ce n'est pas le tailleur, le marchand de nouveautés et de confections ou le tapissier qui font la richesse d'un pays. C'est le producteur agricole, et, avec lui, le producteur industriel.

On pourrait, à la rigueur, concevoir un peuple qui existât sans commerce; là, au contraire, où il n'y aurait ni agriculteurs, ni industriels, il n'y aurait ni travail, ni bien-être, ni richesse possibles.

Le boulanger, le boucher, le tailleur, le marchand de nouveautés, le tapissier vivent sur nous, tandis que j

ia France vit de son agriculture et de son industrie. j

C'est en celles-ci qu'elle trouve la source des profits ou ^

salaires qui permettent à chacun de nous d'aller chez T

le boucher, chez le boulanger, chez le marchand de j

meubles, en un mot chez tous ceux qui vendent, à i

titre d'intermédiaires, les produits que l'agriculture et l'industrie créent, transforment ou façonnent. Il y a donc, en réalité, deux intérêts en présence : L'intérêt du producteur; L'intérêt du vendeur.

On serait tenté d'y ajouter un troisième : l'intérêt du consommateur; mais, nous l'avons dit à la fin du précédent chapitre, nous estimons que ces deux intérêts, s'ils ont pu à certaines époques être distingués à quelques égards, nous paraissent s'être complètement identifiés. Cette identification n'est plus possible lorsqu'il s'agit de^ intérêts du vendeur.

Pour celui-ci, tout doit se réduire et se réduit en effet à deux formules :

Acheter le meilleur marché possible ; Vendre le plus cher possible.

Acheter le meilleur marché possible ! Tout est là pour le vendeur. <•

Tant mieux pour le consommateur, dira-t-on : c'est justement là une preuve de l'avantage résultant de la suppression des barrières douanières.

Tant mieux, en effet, répondrions-nous: mais à deux conditions :

Il faudrait d'abord que le marchand réglât son prix de vente sur son prix d'achat. Dans la pratique, cela n'arrive point. Le marchand vend suivant le cours établi sur la marchandise en France. Le bas prix payé par lui n*a d'autre effet que de grossir sa part de bénéfice.

n a fait une bonne affaire, mais le consommattur en a fait une mauvaise et, avec le consommateur français, celui qui produit ou fabrique en France le produit similaire.

Le premier a payé trop cher, puisqu'il a payé plus cher que le produit acheté dans de telles conditions ne valait en réalité.

Le second n'a pas pu vendre son produit. Il l'a gardé en magasin. Le jour où les nécessités dd sa fabrication l'obligeront à vendre, il sera contraint de se conformer au cours établi, c'est-à-dire de vendre à perte ou tout au moins sans bénéfice.

La perte est pour le producteur et le consommateur qui sont des nationaux ; le bénéfice est pour le producteur étranger, et pour le commerçant indigène qm est, par nature, cosmopolite.

A peine est-il besoin de faire remarquer qu'un pareil régime est essentiellement favorable au développement de la fraude et au règne de la « camelote* ».

Le marchand de vin qui débite du « bordeaux » k un franc, fabriqué avec des raisins secs ou quelque ingrédient chimique, vous vend une matière qui, si elle

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