PRÉFACE IX
réduisant petit à petit les droits de douane, au lieu de les supprimer d'un trait, au lieu de faire ce brusque saut dans l'inconnu libreéchangiste, — nous n'en serions peut-être pas où nous en sommes. Si Ion n'avait pas, du jour au lendemain, livré notre production nationale à l'invasion de concurrents qui la guettaient depuis longtemps et dont on n'avait même pas supputé les forces, nous ne serions pas obligés maintenant de demander les droits élevés rendus nécessaires par notre ancienne imprévoyance.
Et que l'on ne vienne pas prétendre que nous établissons de gratuites analogies entre nos fautes militaires et nos fautes économiques. Les unes et les autres sont les filles germaines d'une même illusion et d'un même sentimentalisme. En voulez-vous la preuve? Voici ce que disait M. Jules Simon, quelques mois avant la guerre franco-allemande :
« Séparer l'Église et l'État, abolir les délits de la pensée, détruire l'armée permanente commandée par le ministre de la guerre et l'armée permanente des douaniers, de contrôleurs ambulants et sédentaires, de receveurs et de commis à pied et à cheval que commande le ministre des finances, ce n'est pas faire autre chose que