PRÉFACE XI
soit resté, M. Jules Simon n'oserait plus lui-même répéter ces paroles de son discours de Bordeaux (25 novembre 1869) :
« Quand bien même on voudrait abolir le libre^ échangey ce serait une entreprise impossible. Le marché universel est ouvert; on ne le fermera plus. Reculer, ce serait mentir au génie de ce siècle. Un souffle de liberfé et de fraternité entraîne le monde... Chacun de nous se sent citoyen du monde et solidaire de l'humanité. Il devient de plus en plus difficile d'isoler nos intérêts, parce que nous ne devons plus désormais isoler nos cœurs ! »
Au lieu de la « sensation profonde » qu'il produisit alors, il ne provoquerait que des sourires. Les jours d'épreuve nous ont appris à être plus avares de notre cœur et de notre sang.
L'invasion commerciale ne nous a pas mieux traités que l'invasion militaire. Elle a pratiqué une profonde saignée dans les flancs de la France laborieuse, qui se trouve profondément anémiée.
Il faut la fortifier, à présent ; il faut la guérir.
Mais, encore une fois, ce qu'il faut, c'est un traitement rationnel et général qui agisse sur l'organisme entier de la malade, et non quelques topiques locaux qui pourraient achever de déséquilibrer ce qui lui reste de forces. Est-ce à dire